ACTES DES JOURNEES DU ROCADE 2005

BRENS

DU 17 AU 18 SEPTEMBRE

 

Liste des 19 communications sur les alternatives pratiques et politiques

1)      Jean Monestier : Chauffage collectif au bois.

2)      Caroline : Epicerie ambulante.

3)      Jacques : Les AMAP dans le Tarn.

4)      Chantal et Clothilde : La planète souffre.

5)      François : Un café décroissant.

6)      Sarah : Une coopérative d’achat.

7)      Michel : Eau vivante.

8)      Paule : Une écomaison à Montpeyroux.

9)      Jean : Décroissance.

10)  François : Colportage d’idées.

11)  Mohamed : Une ONG Europe-Maghreb.

12)  Pascal : Ecovillages.

13)  François : Colportage d’idées.

14)  Bori : Manifestation paysanne en février en Hongrie.

15)  Paulo : Recherches sur les paysages.

16)  Claude : Le SEL d’Albi.

17)  Nicole : Constitution pour la 6° république.

18)  Jean : Société de main commune.

19)   Paule : L’après-pétrole.

 

Les neufs ateliers

1/ Faire sauter Hong-kong (refonder sur la souveraineté alimentaire les échanges agricoles internationaux). Animateur : Jacques Berthelot.

2/ Cosmoénergie : Nicole Jacquin

3/ Diffuser la décroissance : Aucune production ne nous à été remise sur cet atelier.

4/ Paysans de l’Est européen : Rapporteur : Pierre Styblinski.

5/ AMAP et alternatives agricoles.

6/ Ecovillage sans voiture.

7/ Entre être et faire. Animatrice : Clothilde.

8/ Autonomie politiques. Animateur : Eberhardt.

9/ Interconnexion des réseaux.

 

Charte du Réseau pour l'Après-Développement

Réseau des Objecteurs de Croissance pour l’Après-Développement – ROCADe

            Article 1 :
            Les associations se reconnaissant dans l’esprit du manifeste (www.apres-developpement.org/portrait/manifeste.php) sur l’après-développement et se constituent en réseau.

            Article 2 :
            Sont membres du ROCADe les associations qui adhèrent à la présente charte et les personnes individuelles qui partagent les analyses critiques du développement et les objectifs de construire théoriquement et pratiquement des alternatives à la société de marché capitaliste et développementiste.
           
Article 3 :
            Les membres s’engagent à participer à l’animation du réseau : inscrire leurs pratiques dans la base de données, fournir des articles pour le journal du réseau, faire connaître autour d’eux l’existence du réseau des objecteurs de croissance pour l’après-développement, etc...
           
Article 4 :
            Les membres s’engagent à faire vivre et financer le réseau en proportion de leurs moyens. Une cotisation est définie annuellement.

 

 

Programme de la rencontre

 

Samedi 17 septembre

9h à 10h30 Plénière : « alternatives pratiques et/ou politiques », selon la méthode des entretiens de Bichat : 3minutes de présentation, 5 minutes de discussion.

10h30 à 11h : Pause

11h à 13h : reprise de la plénière précédente

13h à 15h : Repas et pause

15h à 17h : Ateliers thématiques

17h à 17h30 : pause

17h30 à 19h30 : rapports des ateliers (5 minutes par atelier et 7 minutes de discussion)

19h30 à 21h : souper et pause

En soirée : projection de films

 

Dimanche 18 septembre

9h30 à 10h30 plénière : « alternatives politiques et pratiques » (selon entretiens de Bichat)

10h30 à 13h30 : synthèse, puis débat sur l’avenir du réseau

13h30 : repas et dispersion

 


Les communications

Introduction de Jean-louis Bato : Salles mise à disposition gratuitement par le CFP de Brens et les repas sont autogérés avec des aliments produits localement et/ou bio. Il n’y a pas eu de « ténors » invités cette année et tout le monde peut intervenir et proposer des ateliers. Plénière ; samedi, ateliers pratiques et dimanche, ateliers politiques.

Tour de table de tous les présents.

 


Communication n° 1 : Chauffage collectif au bois

Par Jean Monestier, Objecteur de Croissance

Pour répondre à la demande d’exposés sur des alternatives pratiques exprimée au colloque de Brens, j’ai commenté un sujet sur une chaufferie municipale au bois réalisé par France 3 Montpellier et diffusé par cette station durant l’hiver 2005.

La municipalité de Fraisse-sur-Agout (Hérault) avait constaté, lors de l’étude d’une extension de son village de vacances, que le chauffage  électrique lui coûtait de plus en plus cher, alors qu’elle était propriétaire de 1000 hectares de forêt communale. Le projet a donc été développé, en trois ans, de construire une chaufferie municipale au bois alimentant un réseau de chaleur, avec pour partenaires l’ONF, qui fait les coupes d’éclaircissement, et l’ADEME, pour le montage financier.

Pins et épicéas constituent 20% de la forêt communale, et il semblerait que l’on ait surtout utilisé le surplus de ces bois rouges, pratiquement invendables. On peut penser que la déplétion du pétrole va changer cela dans les années qui viennent, mais ceux qui auront pris une longueur d’avance seront toujours avantagés. Le fait que la commune soit propriétaire de la forêt en question la met par ailleurs à l’abri de la hausse inévitable du prix du bois qui suivra bien sûr, puisqu’il en est un produit de substitution, celle des prix du fuel et du gaz.

La chaufferie construite, d’une puissance de 450kWh, consomme chaque saison 900 m3 de plaquettes de bois et alimente un réseau d’eau chaude qui traverse une partie du village, desservant les bâtiments municipaux, le village de vacances, et 17 abonnés privés. Le kWh est valorisé 3cts €, ce qui ramène l’abonnement de chauffe d’un particulier aux alentours de 70€ par mois environ. Le coût total, dont on ne dit pas s’il inclut la distribution de la chaleur dans les bâtiments, (c’est probable là où l’installation n’existait pas mais reste à vérifier), s’élève à 830.000 €, subventionné à 80%.

En 2005, il existe en Languedoc Roussillon 60 chaufferies semblables qui valorisent au total 23000 tonnes de ce combustible renouvelable.

Je rebondirai sur cette remarque finale pour faire quelques commentaires. Quand on sait que cent mille tonnes de bois se perdent chaque année par terre dans le seul département des Pyrénées Orientales, on se dit qu’il y a de la réserve, mais quel est le pourcentage réel de la population qui pourrait être chauffé durant l’hiver en utilisant ce moyen dans sa totalité ? De toute façon, pas 100%. Mais il faut perdre cette mauvaise habitude de vouloir appliquer une solution unique à tous les problèmes. Cela a été déjà bien répété en matière d’énergie. Il reste que l’isolation des bâtiments doit aussi être développée, car le chauffage au bois ne sera pas envisageable pour tout le monde si on ne veut pas surexploiter nos forêts.

On ne parle pas non plus de co-génération, et c’est peut-être regrettable, mais il faut noter qu’il est sans doute beaucoup plus facile pour une petite commune, rurale de surcroît, c’est à dire éloignée des grands réseaux des multinationales, de créer une régie de chaleur, que de vouloir aussi fabriquer de l’électricité. Cette électricité ne serait produite que l’hiver, mais, ne serait-ce que pour l’éclairage, on utilise davantage de courant durant l’hiver. Ce n’est donc pas un trop gros inconvénient. Par contre, dans la situation actuelle, elle ne pourrait être vendue qu’à l’EDF, qui en garde le monopole du transport. C’était sans doute beaucoup plus compliqué, et puis la co-génération elle-même a un coût, et l’amortissement en était sans doute moins évident, d’où l’abandon de cette piste. Mais elle serait à étudier pour un hameau ou un domaine appartenant globalement à une entité unique (SCI, Fondation, Société en Main Commune, etc.) car on sait que le rendement énergétique de l’installation en est accru.

Sur le plan énergétique, on pourra soulever le problème de la déperdition de la chaleur dans le réseau, mais, d’une part il n’est pas question, semble-t-il, de desservir des fermes excentrées, d’autre part, quand on parle de valoriser la chaleur de l’incinérateur de Calce (66) pour chauffer des serres agricoles par un réseau de 18km, on peut penser qu’on doit savoir construire des tuyaux assez bien isolés. Enfin quand la presse nous apprend qu’à Font-Romeu, on installe le chauffage électrique alimenté par l’industrie nucléaire dans les trottoirs, pour éviter le verglas pendant l’hiver, on se dit que Fraisse-sur-Agout, où il fait  jusqu’à moins 25 durant l’hiver, peut bien s’offrir le luxe de perdre quelques calories issues du bois-énergie dans certaines de ses rues. Il ne faut pas oublier aussi que de l’énergie est nécessaire pour entretenir le système autant que pour le construire, notamment pour couper et transporter le bois et le réduire en plaquettes. Le débat reste ouvert sur d’éventuels travaux d’intérêt collectif plus ou moins mécanisés et faisant appel peut-être à nouveau plus tard à la traction animale.

Sur le plan financier, un subventionnement à 80% me parait exceptionnel, surtout quand on pense que des particuliers en profitent directement (les 17 abonnés privés), même si ceux qui n’avaient pas le chauffage central sont amenés à le faire installer pour distribuer la chaleur. Disons quand même que c’est de l’argent public bien employé et ne boudons pas notre plaisir. Et c’est donc bien le moment de parler de ce type de projet à nos élus locaux, ou, s’ils font la sourde oreille, à commencer à investir les municipalités, comme cela fut évoqué à Brens.

Sur le plan humain, et on pourrait me reprocher de ne pas avoir commencé par cela, mais peut-être ai je gardé le meilleur pour la fin, il me semble que cette formule de chauffage recrée une solidarité, tout en générant probablement de sérieuses économies d’échelle. D’un côté, on peut se réjouir que de l’emploi local soit créé ou maintenu pour ramasser ce bois, le réduire en plaquette, alimenter la chaufferie, et entretenir l’installation, de l’autre, on peut regretter, dans une vision rurale, la convivialité que peut générer le chauffage au bois, que l’on coupe, empile, transporte chez l’un ou chez l’autre, et grâce  auquel on se réunit autour d’un bon poêle quand la bise souffle dans la nuit. Je fais depuis trois ans en banlieue de Perpignan quelques expériences de chauffage au bois, qui me fournit une partie de ma chaleur durant l’hiver. Avec les bûches classiques, c’est beaucoup de manipulations, et je me demande ce que cela donne quand on devient vraiment très vieux. Il n’est pas sûr que le passage aux plaquettes, surtout au niveau individuel, simplifie tous les problèmes, et puis on ne va pas vider les villes du jour au lendemain. Mutualiser ce travail me parait donc une excellente chose, que ce soit en payant un abonnement à la collectivité à laquelle on appartient, ou, dans une formule plus locale et plus communautaire, en fournissant à mon tour des journées de travail bien précises ou une permanence (de surveillance de l’installation) sur des périodes bien précises, me laissant ainsi libéré du problème du chauffage le reste du temps. Et ceci tant que je suis valide, de plus jeunes et de plus vigoureux me rendant quand je serai vieux le service auquel j’aurai moi-même contribué, me permettant d’envisager la consolante perspective, qui parait trop évidente sous l’oléocène  *, (ère du pétrole et nom d’un site Internet que je recommande à tous), mais qui risque de le rester beaucoup moins dans les décennies qui viennent, comme elle ne l’était guère non plus au Moyen Age, de mourir au chaud.

Jean Monestier, Objecteur de Croissance

Le Soler, le 25 octobre 2005

J’ai mentionné le site [ oleocene.org ], créé par l’ASPO, association des géologues de l’industrie pétrolière, dont la « newsletter » mensuelle apporte toujours des informations passionnantes parfois inédites. On peut aussi consulter, pour des réflexions plus synthétiques, le site [ wolfatthedoor.org.uk. ] en version française.

Critique : l’isolation a-t’elle été prévue ?

            Question : Ne serait-il pas plus efficient de gérer sans faire appel à l’industrie ?

 


Communication n° 2 : Projet d’épicerie ambulante

par Caroline Lopez

Descriptif du projet :

            Il s’agit de mettre sur pieds une épicerie qui s’engage à faciliter l’accès à un mode de vie respectueux de l’homme et de son environnement par la mise à disposition de produits locaux, biologiques et équitables, mais aussi par la mise en place, en parallèle à l’activité de vente, d’un système d’information sur la consommation et ses impacts sur l’homme et la nature.

Les produits alimentaires sont obligatoirement issus d’une agriculture biologique, les produits d’hygiène corporelle et domestique sont certifiés biodégradables, et pour le matériel, je privilégie la fabrication artisanale à la fabrication industrielle. A noter que je ne vends pas de fruits et légumes frais, je renvois, pour cela, les gens aux AMAPs, Jardins de Cocagne et autres petits producteurs sur les marchés.

Tous les produits sont, dans la mesure du possible, localement produits, cela dans un double souci de réduction des temps de transport et de promotion des richesses de la région. Les produits obligatoirement importés sont issus du Commerce équitable.

Ces mêmes produits sont servis dans une politique de l’emballage minimal : vente en vrac et pour les produits obligatoirement emballés, je privilégie le papier et le verre.

Le système d’information sur la consommation comprend :

Mise à disposition (système d’emprunt) de livres et films documentaires sur les thèmes reliés à l’activité de consommation quotidienne.

Voir la liste des films et livres sur feuille annexe.

La mise en évidence de la carte d’identité de chaque produit (origine, conception, composition, potentiel) accompagné d’un album qui retrace en photos l’histoire de la conception du produit. Le but étant de faire prendre conscience de la valeur des choses, justifier leur prix, et il est aussi de faire naître une curiosité systématique quant à la traçabilité de tous les produits en général.

La mise en accès libre d’un ensemble de fiches thématiques pédagogiques sur les plus grands termes qui tournent autour de l’activité de consommation quotidienne : Pourquoi du Commerce équitable ? Pourquoi une agriculture biologique ? Pourquoi du vrac ? Pourquoi du local ? Pourquoi une économie sociale et solidaire ? Et pourquoi l’information ?

Une brochure de recettes simples à réaliser à partir des produits vendus, parce que l’achat de produits en vrac nécessite de connaître les bases de l’art culinaire.

Filage de feuilles A4 pour monter une guirlande qui fera le tour du parasol. Sur chaque feuille Une information ou une citation courte et éloquente.

Elaboration d’un petit guide des alternatives avec une ouverture sur le réseau de proximité qui le développe.

Quels sont les objectifs poursuivis ?

« Populariser l’attitude de consommation citoyenne »

Mettre à disposition des produits qui sont une cohésion des différents principes de respects (respect de l’Homme et de la Terre). La démarche gagne en crédibilité et en lisibilité.

Donner et faire circuler des informations claires et précises sur les grands enjeux écologiques et sociaux liés à notre mode de consommation et, à partir de là, promouvoir la « consomm’ action ».

Favoriser sur la région la mise en réseau et l’Economie Sociale et Solidaire et donner accès au gens à ce réseau.

Mettre en évidence et promouvoir la diversité et la richesse de la terre et des hommes de la région. Réaffirmer un peu la relative capacité d’autonomie de ce territoire en même temps que son identité.

Faire circuler des savoir-faire perdus et donner envie aux gens de devenir toujours plus autonomes.

Dans l’intérêt des artisans, paysans producteurs et consommateurs, chercher à s’émanciper de la tutelle des intermédiaires.

Lieu de cette activité :

Sur les marchés de Toulouse et ses environs.

Sur certains festivals de la région.

Lors des journées de l’environnement et autres journées d’information organisées autour des thèmes que j’adore.

Par ailleurs, je peux aussi proposer vente et livraison à des restaurants, cafés, festivals, ainsi qu’un service de vente à domicile pour des villages un peu reculés.

Statut de cette activité :

Association loi 1901

Catalogue des produits :

Issus de l’AB locale :

Farines, lentilles, poids chiches, huiles végétales, vinaigre, moutarde, sauce soja, hydromel, jus de pomme, fruits secs, pâtes d’amandes, miels, confitures, infusions, fruits secs, sirops, herbes et épices.

Produits exotiques issus de l’AB et importés par les vois du commerce équitable :

Certaines épices, sucre, riz, quinoa, thé, café, chocolat.

Produits raffinés achetés à un grossiste :

Levure de bière, boulettes de soja déshydratées, sauce soja, gomazio, boulgour, pâte, semoule.

Ustensiles de cuisine :

Panier à vapeur, verre doseur, planche à découper, passoire à infusion, moulins.

Produits d’hygiène corporelle certifiée biodégradable :

Savon naturel, pierre d’Alun, baume pour peau.

Matériel : gant de crains, pierre ponce.

Produits d’hygiène domestique certifiés biodégradables :

Liquide vaisselle, lessive, produits pour récurer.

Matériel : paille de fer, brosse, balles de lavage.

 

Question : Quels produits ? 

Réponse : Miel, épices, céréales, thés, café, chocolat.

Défi Jeune, Soutien association Terra Via, festival Résistance à Foix, association Andines (commerce équitable slt si 60% d’agriculture vivrière). Artisans du Monde et CCFD pour aider à la traçabilité et l’influence sur l’économie locale. CL compte aller à Paris au 1er salon sur le Commerce équitable.

 

Communication n° 3 : « LES AMAP dans le Tarn »

par Jacques Deleuze

Jacques présente les AMAP dan le Tarn. Au départ, les AMAP ont été créées par des consommateurs très urbanisés du Japon. Venu en France, il y a 4-5 ans, 1ère AMAP en Provence. Le plus souvent, se sont les consommateurs, qui sont l’élément moteur, qui doivent s’engager à l’avance. Dans le Tarn, l’idée a été poussée au Forum Social Tarnais de 2003. Un an pour trouver les consommateurs : AMAP viande de veau, d’agneau. Espacement des livraisons et le transport. Il existe à ce jour 8 AMAP dans le Tarn se fournissant auprès de l’agriculture paysanne.

Question : La structure ?

Réponse : Association de fait ou loi 1901, fonctionnant sans subvention.

Question : La régulation des conflits (ex. en Ariège) ?

Réponse : Eviter que l’agriculteur s’enferme une solution unique et respect des coûts de production. L’idée de l’AMAP repose sur celle du maintien de l’agriculture, mais aussi de contrat (25 paniers ce ne sont pas 30) et de consommation citoyenne, solidaire et responsable.

Aucune production ne nous à été remise sur cette communication

 


Communication n° 4 : La planète souffre

par Chantal Lavenant et Clothilde de Ravignan

Chantal Lavenant parle de souffrance de la planète. Commencer le chantier en chacun de nous. C’est le premier des chantiers. On a tous des dysfonctionnements.

Clothilde de Ravignan expose l’expérience du café décroissant : qu’est ce qui fonde notre besoin d’être ensemble ? Pas seulement l’entre aide matérielle. On s’est rendu compte que le thème de la peur est très important. On a besoin d’être en désaccord pour faire avancer la question, mais on a peur d’être en désaccord. Cette angoisse a empêché l’homme de donner le fond de sa pensée. On a conclu : ça aussi, il faudra le travailler. Petit débat savoir si c’est réellement pratique. Le pratique n’est pas seulement « faire » mais aussi « dire ».

Question : Pratique/politique ?

Réponse : Si on ne regarde pas cela en premier lieu, c’est voué à l’échec. On a les mêmes dysfonctionnements que les autres.

Aucune production ne nous à été remise sur cette communication

 


Communication n° 5 : Un café décroissant, dans les Corbières

par François de Ravignan

            J’avais rencontré François Schneider l’année dernière à la même époque à Thiviers et lui avais laissé mon adresse.  Il m’a téléphoné au mois de mars, par un jour de neige, qu’il arrivait avec son ânesse et Sophie, journaliste à la Décroissance. Pendant les deux jours qu’ils ont passé à la maison, nous avons invité, le deuxième soir, une douzaine d’amis du village à venir discuter, sans intention préconçue. En fait, François a très peu parlé, mais il nous a fait parler de nos préoccupations, et, à la fin, il a dit : « Il y a un potentiel formidable dans ce village et vous pourriez faire davantage que vous ne faites ». Ce soir là nous avons donc pris la décision de nous réunir le deuxième vendredi de chaque mois à tour de rôle chez l’un ou l’autre du groupe pour ce que nous avons appelé le « café décroissant »  (ou « des croissants»). Depuis, ça a tenu. Nous n‘avons même pas interrompu les réunions durant l’été, même si le groupe a une géométrie un peu variable, des gens des villages voisins venant aussi, mais tous néo-ruraux ( on voudrait bien diversifier davantage, mais…).  On se retrouve à 19h30 (une difficulté pour être à l‘heure) et chacun apporte à manger et à boire. On a plusieurs fois passées des films vidéo pour amorcer la discussion (par exemple Train de vie ). Il y a en général quelqu’un qui prépare la séance. Par exemple des voisins anglais, nouveaux venus, nous ont parlé du tatchérisme en Gande-Bretagne. Nous avons eu un débat sur le référendum constitutionnel. Un topo sur le Maroc actuel et les problèmes de l’islamisme par un ancien prisonnier politique. Pour notre prochaine séance, en octobre, nous devons tous relever nos consommations annuelles de fluides : eau, gaz, électricité et carburant, pour comparer entre nous et voir ce que nous pouvons faire au point de vue économies d’énergie au niveau de la commune.  Nous devons aussi essayer de mettre en perspective les idées qui foisonnent pour en faire un programme d’année. Nous avons enfin quelques réalisations matérielles, comme un approvisionnement commun en fromages de chèvre, en pizzas, en huile d’olive. Nous avons essayé de nous engager dans une organisation de covoiturage, mais ce n’est pas encore très au point. Qu’importe, on avance. Et surtout, on se rencontre, on se parle, on reconstitue un milieu solidaire.

Question : La limitation des quantités et des effectifs ?

Réponse : L’essentiel est de reconstituer un milieu solidaire.

Question : Sur le rapport aux autochtones qui reste faible. Avons-nous une attention suffisante ?

Réponse : Cette aventure vient après 7 ans de très grandes difficultés dans le village : positions dures. Nous voulons tous recréer du lien, de la compréhension dans le village. On ne peut pas se limiter au café. Quelque chose de plus fort est posé là, mais pas forcément pris de front.

 


Communication n° 6 : Une coopérative d'achat 

par Sarah Tissot

Pour nous à Toulouse (département de Haute-Garonne), l’histoire a commencé après la rencontre avec le Réseau « Sortir du supermarché » dans le Tarn, groupe de personnes qui propose tout un tas de petites alternatives pour résister à la société de consommation et s’émanciper du système mortifère dominant. Changer de comportement face à la consommation est un acte politique, au potentiel de transformation économique et social considérable. Le groupement d’achat local est une alternative possible face aux pratiques de la grande distribution. Il en existe d’autres, comme produire sa nourriture soi même…

Pour constituer le groupe du groupement d’achat local toulousain, une rencontre a été proposée aux membres et sympathisants de l’association Bleue comme une orange (association d’éducation à l’environnement). Suite à cette première rencontre (décembre 2004), d’autres ont suivi et un petit groupe s’est constitué (environ 12 personnes).

Le groupement d’achat local de Toulouse, nommé « Mandacha », consiste à se procurer des denrées non périssables (du type farine, huile, jus de fruits, vins, légumineuses, légumes secs, céréales,…) auprès de paysans locaux (jusqu’au départements limitrophes de la Haute-Garonne), dont la méthode de culture respecte les écosystèmes. Nous choisissons en priorité les paysans de petites productions. Nous n’exigeons pas de label mais jusqu’à présent tous les paysans du groupement sont labellisés Nature et Progrès et situés dans le Tarn. D’autre part, les commandes groupées permettent de réduire les surcoûts et les pollutions induites par les emballages individuels.

Une première commande a été réalisée début mars 2005. La prochaine aura lieu à l’automne 2005. Nous prévoyons de fonctionner avec 2 commandes par an. La livraison des denrées a été différente en fonction des paysans. Certains nous ont livrés à Toulouse parce qu’ils avaient d’autres raisons de venir « à la ville », ce qui a permis de limiter les transports. Pour d’autres, des membres du groupement d’achat se sont déplacés en voiture jusqu’à la ferme en question. Les différents membres du groupe étaient très motivés pour rencontrer les paysans.

Le groupe Mandacha fonctionne en autogestion. Chaque membre s’implique dans l’organisation du groupement d’achat (contact avec les paysans, gestion des paiements, livraisons,…). Le fait d’être un petit nombre de membre permet ce fonctionnement. Par conséquent, le nombre de membre n’ira sans doute pas au-delà de 20 personnes. Si d’autres personnes souhaitent adhérer à cette démarche, nous proposons un essaimage d’autres petits groupements d’achats. Nous sommes à la disposition de toute personne ou groupe souhaitant des informations.

Le groupement d’achat local est l’occasion de rencontres conviviales entre les membres du groupe, de partager et d’échanger sur des alternatives pratiques quotidiennes, de recréer du lien entre les personnes de la ville et ceux de la campagne.

Sarah présente une expérience de groupement d’achat local.

Question : Grossiste contre épicerie ?

Réponse : Proposition récente de passer par une Biocoop.

Question : L’efficience des transports ?

Question : Le lien avec produit local ?

Réponse : On  ira pas au-delà de 20. Aller chercher les produits, c’est aussi rencontrer les producteurs sur la ferme.

Question : Sur Nature et Progrès garantit le local. Mais on réinvente une AMAP en passant un contrat avec Nature et Progrès, une association de producteurs. Peut-être aller plus loin ?.

Question : Duffetelle défend le réseau Biocoop qui se développe en ville, Région Parisienne c’est 11 Millions de gens sur 2,5% du territoire ?

Réponse : Ce n’est pas une expérience de campagne mais urbaine avec volonté d’aller vers les petits producteurs, ce qui n’est pas automatiquement le cas des Biocoop.

 


Communication n° 7 : Eau vivante 

par Michel

Michel présente une expérience d’épuration de l’eau : Membre d’eau vivante. Récupération de l’eau de pluie, puis épuration de l’eau avec système de bassins avec plantes aquatiques. En combinaison avec toilettes sèches, grosse économie d’eau. Le fécal va au compost pour l’enrichissement des sols. Les fosses septiques toutes-eaux est un non-sens biochimique. Expérience pratique chez soi depuis 1999. Eaux mélangées avec ce qui sort de la fosse septique. Bassin à Bassin à Mare eau contient beaucoup d’algues microscopiques. Les plantes aquatiques peuvent fixer les métaux lourds. La mare se peuple par elle-même de grenouilles. Les poissons sont déconseillés.

Question : La réglementation ?

Réponse : L’eau doit sortir à une DCO inférieure à 120mg/l. Avec ce système on obtient des chiffres inférieurs à 30mg/l.

Question : L’utilisation de la fosse septique pour la fabrication de méthane ?

Réponse : A mettre au point, respect des normes sur les installations. Il faut avoir beaucoup de diplomatie avec les ingénieurs de la DDE.

Aucune production ne nous à été remise à ce sujet.

 


Communication n° 8 : Une écomaison à Montpeyroux 

par Paule Besse

Après un divorce, la donation d’un terrain dans l’Hérault et avec l’accord d’un fils qui a acquis une expérience professionnelle en participant à la construction de la bergerie du Larzac – le silo, c’est lui – nous décidons de construire une maison bioclimatique. Dans la tête, les dessins de Reiser : le rocher, chauffé par le soleil, devant la maison...

Réalisée entre 1982 et 1984.Orientation plein sud, avec une serre devant, chauffe-eau solaire devant la serre, chauffage au bois avec un poêle norvégien Jotull, plantation d’arbres fruitiers, puis jardin bio avec compost en parti autoproduit, récupérateurs d’eau de pluie pour l’arrosage, garage et cellier au Nord. Témoignages de quelques personnes présentes qui ont été hébergées dans cette maison. 300 pieds de vigne arrachés.

Question : Les matériaux de construction ?

Réponse : Classique en agglo.

Question : Garage partagé en cellier et garage ?

Réponse : Insiste sur :

1) l’avancement du toit sur côté sud

2) d’ouvrir pour aérer et ne pas ouvrir pour la lumière.

Problème de savoir stocker l’énergie. Débat sur le stockage de la chaleur pour les maisons.

Question : Jacquin presque tout ceci est au cœur de son projet de SCIC ?

 


Communication n° 9 : Décroissance...

par Jean

Jean présente son intervention sur la Décroissance. Collecte de listes de gens à des réunions de François Schneider.

Question : Les échanges Internet des réponses ?

Réponse : Des actions se mettent en place. Les groupes sont sur l’Aude. Mettre en synergie la dynamique locale et les informations venues de loin.

Question : Duffetelle actions concrètes ?

Réponse : Il existe plus d’une 100aine d’actions. Les AMAP sont une réussite, même si ce n’est pas abouti.

Question : L’annuaire de la Décroissance ?

Aucune production ne nous à été remise sur cette communication.

 


Communication n° 10 : La grande marche 

par François Schneider

            Marche pour la Décroissance. François Schneider décrit son périple de 3000 km avec un âne. 50 conférences. Enquête de chemin. 2 affichages des Casseurs de Pub. Gros soutien de la population et de 5 journaux, dont Passerelle Eco, la Décroissance, Silence. Thomas fait le compte-rendu de la fin de la marche de Lyon à Magny-Court. Ils sont 100-150 à participer. Beaucoup d’échanges avec les personnes sur les marchés, dans les ateliers entre marcheurs. Ateliers tarte-à-la-crème. Des groupes décroissance sont montés et se rencontrent. Damien a créé un site décroissance.info qui dit où et quoi se fait ailleurs. Il est important que ceux qui ont Internet transmettent l’information à ceux qui ne l’ont pas. Par ailleurs un annuaire général sur décroissance.org a été mis en place sur lequel tout le monde peut s’inscrire.

Question : Y a t’il eu déjà des contacts avant ?

Réponse : Je faisais l’itinéraire et après je cherchais des contacts et j’essayais d’en voir. Créer une université très locale est plus intéressant que de faire appel à un réseau déjà constitué : 10% de la population dans un village de 800 habitants dans l’Hérault.

 

            J'ai marché pendant un an à travers la France en tant que "colporteur de la
décroissance" en parcourant 3000km environ. Une cinquantaine de conférences
sur l'effet rebond et des pistes vers la décroissance a été organisée
grâce à de nombreux soutiens le long de la route. J'étais aussi afficheur
non pas de publicités mais des œuvres du magazine casseurs de pub. J'étais
aussi "statisticien de chemin", je demandais aux populations le long du
chemin et, en principe choisies par l'ânesse Jujube (il fallait un
échantillonnage scientifique), si elle conseillait, face aux problèmes
écologiques et sociaux mondiaux, plutôt une croissance de la consommation de
biens et services en France ou plutôt une décroissance de la consommation
dans notre pays. Le résultat est éloquent : Une large majorité se dégage en
faveur de la décroissance. Il faut le faire pour le croire. De nombreuses
soirées de voisinage ont été organisées pour discuter du concept de
décroissance. Soutenu par casseurs de pub et l'IEESDS, J'étais aussi
diffuseur des journaux "la décroissance", "Silence", "l'écologiste",
"casseurs de pub" et sur la fin de "passerelle-eco". Cette marche a été un
grand succès et s'est poursuivie par une grande marche de la décroissance en
juin entre Lyon et Magny-cours démarrant à 100 et arrivant à 500. Ce fut une
grande rencontre basée sur des décisions en cercles de consensus avec une
profusion d'ateliers, et créant une bonne dynamique pour la décroissance,
pour la création notamment de groupes en France et ailleurs.
            Au niveau du bilan, cette marche a été l'occasion de tester une action sur
le terrain qui associe radicalité et mise en pratique (je ne voyageais pas
en avion) et l'ouverture totale sur tous les types de rencontres. Les
actions les plus intéressantes sont celles qui sont tournées vers le local,
invitant comme à Greiffeil des rencontres dans les villages ou les quartiers
pouvant créer des bases pour ce qui pourrait ressembler à des économies de
proximité.
            Il s'ensuit que l'expérience pourrait se prolonger de manière fructueuse:
- par le développement de colportages locaux, basés sur des conférences de
proximité, la diffusion de débats et de journaux. Ces colportages plus
régionaux seraient encore plus aptes à créer des liens indispensables
- par l'organisation de marches régionales ou de nombreuses personnes
seraient conviées à marcher à une certaine période de l'année

PS : Définition de la décroissance venue après coup
            La décroissance est une démarche personnelle et collective basée sur la
réduction de la consommation totale de matières, énergies et espaces et des
produits et services qui créent cette demande. Tant que l’argent permet
encore d’acheter et de vendre des ressources naturelles au-delà de leur
vitesse de renouvellement ainsi que les biens qui participent (directement
et indirectement) à leur dévastation, la décroissance implique une
décroissance économique.
            Addenda liés au qualificatif "soutenable"
            add1 On parle de décroissance « soutenable » pour différencier de la
décroissance « insoutenable » qui nous attend dans notre fuite en avant
actuelle.
            add2 La  décroissance « soutenable » est basée sur une démocratie
participative et son contenu n'appartient à personne.
            add3 La décroissance soutenable implique une croissance des relations
sociales désintéressées, de la convivialité, du temps pour soi et pour les
autres, de l'équité, de la santé, de la chaleur humaine, de la nature, de la
sécurité, de l'art, de la culture et ceci dans la plus grande variété...
            add4 Elle s’applique en premier lieu aux 20% favorisés de ce monde
principalement basés dans les pays industrialisés, mais concerne tout le
monde lorsqu’il s’agit de décoloniser l’imaginaire lié aux modèles
consuméristes et productivistes. Il s'agit d'une décroissance différenciée
dans les pays industrialisés de façon à tendre vers une société plus juste
dans ces pays et mondialement.
            add5 Il s’agit d’une remise en cause du présent (fait notamment d’autoroutes
et des centrales nucléaires...), pour un futur basé sur une moindre
consommation de ressources, dans lequel l’innovation a intégré la notion de
limite, plutôt que de tenter de s’en soustraire.
            add6 La décroissance soutenable, n’est pas une croissance ratée, ni une
crise, c’est une démarche frugale volontariste.
            add7 Contrairement à une crise débouchant sur une brusque décroissance la
décroissance soutenable est progressive de façon à ajuster de manière
symbiotique "vouloir d'achat", "pouvoir d'achat", niveaux de production et
réorganisation.
            add8 Le but de la décroissance soutenable est d’atteindre une société
soutenable où chaque mode de vie est unique tout en étant potentiellement
généralisable et partageable.
            add9 La décroissance soutenable n’implique pas une décroissance à tous les
niveaux : Les alternatives agricoles, énergétiques ou de transport
soutenable  (...) doivent croître, mais en créant une réduction encore plus
importante des portions agricoles, énergétiques ou de transport
non-soutenables de l’économie.
            add10 Une décroissance soutenable est basée sur une relocalisation de l’
économie mais se mesure à un niveau global. A ce titre une décroissance
locale qui implique une croissance ailleurs ou dans le futur n’est pas une
décroissance."

 


Communication n°11 : Une ONG Europe-Maghreb 

par Mohamed Oudyassia

Mohamed présente l’ONG Europe-Maghreb. Action agricole santé. Lien entre actifs authentiques dans le bio. Le monde bio est en train de calquer le système actuel. Vie en symbiose : quand on est bien avec soi-même, on est bien avec les autres. Projet : réunir une ONG dans une caravane quitte à descendre en Algérie par l’Espagne et le Maroc. Aussi récupérer le patriotisme égaré : la médecine arabe est à la racine de la naturopathie.

Question : ONG sur le thème de la santé ?

Réponse : Non c’est d’abord le nutritif, d’abord le bien manger. Les hommes végétariens sont dans le déséquilibre. Même en respectant leur choix, il faut rééquilibrer. Pour l’instant moi, 2 personnes, et éventuellement Albert Jacquard (intervenu à la Sorbonne). La loi 1901 n’oblige pas à un président, un trésorier et un secrétaire.

Aucune production ne nous à été remise sur cette communication

 


Communication n° 12 :  Ecovillages 

par Pascal Bordier

Pascal présente le projet d’écovillage. Suite à la rencontre des Amis de Silence. Retour à la campagne, expérimenter la vie ensemble pendant 3 mois dans une ferme. Ce sera un écovillage, plus qu’une communauté. Beaucoup de simplicité volontaire. Saponaire pour se laver, infusion de lierre pour la vaisselle, régime végétarien assez économique, beaucoup de vélo + huile de friture pour les rares voitures. Ecoute, mise en valeur des gens, mettre les problèmes sur la table, toilettes sèches, récupération d’eau de pluie, même en provisoire. Mieux que des actes, il faut réduire les besoins au préalable. Dépense de 100 € par semaine pour 10 personnes.

Question/Réponse :Lieu était provisoire, il faudra construire sur le terrain acquis dans le Gers. Sur 10 personnes, 1 agriculteur déclaré. On va essayer de produire juste sur 30 ha (are ?).

Question : Créer un GAEC, vous serez 10 agriculteurs avec CA = 0 => cotisation minimum ?

Réponse : Il y a des chances qu’on vende.

Question : Achat : association + GFA, le Maire suit. Ex : les Suisses qui vendent des plantes médicinales sur la place du Capitole, prennent le train le samedi matin. Petit débat sur l’habitat.

 

Des lecteurs de la revue Silence ! Se rassemblent chaque été pour se rencontrer, travailler, s’amuser, s’informer. Un groupe s’est constitué pour appliquer les alternatives sur un lieu de vie en éco – village. Avant de s’établir sur un terrain, notre groupe a expérimenté provisoirement une vie ensemble en appliquant les alternatives dans une ferme laissée à l’abandon. Nous avons utilisé moins d’énergie en fabriquant un poêle économe (bidons soudés qui sert de cuisinière avec des brindilles), des toilettes sèches, la récupération d’eau de pluie, le liquide vaisselle en lierre, le savon en saponaire, le transport en vélo et monospace à l’huile de récupération de restaurants. Nous avons instauré des séances de travail, d’écoute mutuelle avec des outils de régulation non-violente. Mais surtout – comme le prône le réseau sortir du nucléaire – avant de développer des alternatives, il faut baisser ses besoins.

Ainsi nous sommes allés vers plus de simplicité (végétarisme, récupération de fruits sur les arbres ou chez les commerçants, moins de produits transformés, suivi du rythme du soleil, invitation des connaissances et voisins proches que les amis éloignés). Un chiffre pour illustrer : nous dépensions en frais (courses, communication) environ 100 € par semaine pour neuf adultes et quatre enfants.

 


Communication n° 13 : Colportage d’idée 

Après le colportage de la décroissance effectué par François Schneider, il est apparu que les personnes rencontrées étaient plus concernées que l'on pouvait le croire par le thème de la décroissance et pas celles que l'on croyait.
            Ma proposition est la suivante : Continuer l'action engagée en répartissant le territoire entre plusieurs dizaines de colporteurs (si possible en même temps). Chacun s'occuperait d'une zone autour de chez lui et l'arpenterait selon la trajectoire et le rythme de son choix.

        De préférence autour d'un lieu de référence et avec une personne-ressource qui recevra les appels de ceux qui voudront faire plus pour les aiguiller vers d'autres contacts.                                    

         Une autre tâche secondaire consistera à stimuler la création de collectifs de décroissants dans chaque zone visitée qui pourra aussi servir à une future économie de proximité. Pour cette action de colportage, aucune structure organisée ne serait à mettre en place, juste des volontaires. Cependant une centralisation de l'info serait souhaitable pour ne pas croiser les zones (par Internet ?).

 

 


Communication n° 14 : Manifestation paysanne en février en Hongrie 

Par Borbala Simonyi

Les antécédents

La Hongrie a adhéré à l’UE en 2004. Les paysans hongrois ont reçu beaucoup des promesses que l’UE allait les subventionner et qu’ils gagneraient accès au marché agricole énorme de l’UE. Cependant, aprés l’adhésion ils se sont trouvés dans une situation ou les difficultés du marché commun étaient la (la marchandise européenne au prix bas), mais pas les avantages (les subventions européennes). La cause pour le retard était que le gouvernement était dans une situation budgétaire difficile et le ministère d’agriculture devait enlever les fonds européens pour financer son fonctionnement normal. Aussi, le gouvernement a fait tout ce qu'il était possible pour définir les subventions dans une manière favorable aux grandes exploitations (souvent les anciens kolhozes). Avoir fait des investissements importants en calculant leur revenus avec les subventions, plus en plus des paysans sont devenus sévèrement endettés et anxieux pour leurs moyens d’existence.

Les causes directes

-          le retard dans le paiement des aides directes

-          Les difficultés de gestion des marchés céréaliers (la Hongrie a présenté des demandes à l’intervention communautaire portant sur 4,2 millions de tonnes).

Quelques nombres:

·         800 Tracteurs à Budapest, dont 200 en face du Parliement

·         11 organisations paysannes dans la Comité de Manifestation (dont la plus grand était Magosz, membre Hongrois de CPE)

·         des milliers des paysans à la capitale pendant les plus de 3 semaines

·         Durée de la manifestation: du 21 février jusqu’á 13 Mars 2005

·         Plus de 10 milles personnes à la grande manifestation en face du Parlement

Les évenements de la manifestation, les experiences

-          le comportement des média : Le journal proche au gouvernement socio-liberal a fait apparaître que c’est les gens d’extrême droite, ou des gens pour qui il n’y a jamais assez d’argent. Le journal de l’opposition conservatrice a fait semblé que c’est les gens qui en fait font leur manifestation pour que le parti conservateur prenne le pouvoir.

-          La rélation avec les gens á Budapest était aussi intéressant: beaucoup d’expression de solidarité: on leur a ammené á manger, offert l’accomodation, emmené les groupes d’enfants pour voir les tracteurs etc.

-          Le 13 mars, un accord a mis fin aux manifestations qui ont duré trois semaines. Les manifestants ont obtenu satisfaction sur un certain nombre de points : Aide aux productions animales, prorogation d’échéances de prêts et assurance que, fin mars, 90 % - au moins - des dossiers d’aides directes seraient réglés.

Conséquences

-          le départ du Ministre de l’Agriculture, Imre Nemeth, qui était remplacé par Joszef Graf, 58 ans, un des fondateurs du parti socialiste

-          En Hongrie il y aura des élections législatives au printemps 2006 et la campagne et déjà lancée. Suite à la manifestation paysanne, le gouvernement a incorporé dans leur campagne des promesses ciblées au petit paysan et les gens de la campagne : Reforme foncière ou les petits exploitants seront préférés, etc.  Cependant, il faut voir que c’est que de la campagne politique.

-         Cela est justifié par le fait que l’accord n’était pas respecté par le gouvernement, les aides et subventions étaient payées avec un délai considerable et le gouvernement poursuit jusqu’à nos jours sa politique préférant les grandes exploitations capitalistes. Les conséquences de cette situation pour les paysans est encore de voir.

Quelques sites Internet  sur la Hongrie et les PECOs:

le Journal Francophone de Budapest: www.jfb.hu

Agence de média indépendent (des nouvelles en anglais): www.indymedia.hu

www.fnsea.fr → dossiers → les dossiers INFO-PECO, mensuelle três informative sur les actualités d’agriculture des PECO.

 


Communication n°15 : « recherches sur les paysages »

par Paolo

Présentation d’une expérience entrain de se réaliser dans la commune de passerano  (at) – piemonte – italie, conduite par :   ager - agenzia internazionale per la protezione dei paesaggi bioculturali e per la nuova ruralita’

Objectifs internationaux :

a)      Arrêter et renverser le procédé de destruction des espaces et des paysages bioculturels de la petite et moyenne propriété agricole et des communautés agricole et pastorale des villages, des forets et des savanes, qui sont bouleversés par les critères de la croissance des productions agronomiques et de la soi-disant «rationalisation »

b)      Individuation des espaces des paysages bioculturels, conçus comme identité vivante et invariante a protéger

c)      Individuation des petits et moyen propriétaires agricoles ou  des communautés qui vont défendre ces  espaces, actualisant une nouvelle ruralité internationale, en attribuant un premium pour 5 années, comme exemple de reconnaissance pour le simple fait qu’ils existent

Objectif local :

Le projet, en train d’être appliqué et réalisé, se propose d’analyser et d’individuer sur le terrain les espaces des paysages bioculturels (pbc), ses relations et ses connections, dans différents milieux de la commune de passerano, selon des critères de a) compresence et intensité, b) permanence, c) relation mutuelle,  des :

A)     Espaces ruraux avec caractère de permanence de la trame fondiaire et des endroits d’application des technologies traditionnelles en milieu agricole ou sylvopastorale

B)     Espaces avec présence de variétés anciennes (animaux, végétaux, plantes, etc.) Génétiquement importantes 

C)    Compresence des éléments géologiques naturalistiques, végétaux et faunistiques

D)    Immeubles, objets et constructions de l’architecture soutenable des communautés rurales et pastorales

Apres l’individuation des espaces de pbc, on appliquera une méthode ager par individuer, a leur intérieur, les destinataires des subventions ager (5 ans) qui aura une importance symbolique et médiatique pour affirmer les concepts déjà exposés et qui sont les objectifs primaires de ager.

 


Communication n° 16 : SEL D’ALBI 

par Claude Le Guerrannic, Franck Nathié

Le Sel d’Albi a été créé au début de l’été 2004, suite a un atelier au Forum Social Tarnais de la même année.

La monnaie d’échange : la fleur de sel, devant se substituer à la monnaie en argent pour les biens et services, nous avons fait le choix d’avoir une cotisation en argent la plus réduite possible, 10 euros la première année, puis 5 euros la deuxième année étant donnée le solde positif de nos comptes.

Pas de dépôt en préfecture de l’association, mais une organisation assez bien structurée : un responsable des comptes, des échanges réalisés, le catalogue remis à jour tous les six mois, un journal avec deux animatrices, une personne pour l’accueil des nouveaux, deux autres pour l’organisation de fêtes, médiateur (en cas de conflit)  avec rotation de toutes ces taches à chaque AG, mais pas obligatoirement.

Avec une soixantaine d’adhérents le Sel d’Albi offre une grande variété de proposition de services principalement (jardinage, bricolage etc.…).

6O fleurs de sel correspondent à une heure de travail, ce qui constitue donc la valeur de base de l’échange, les objets sont sujets a un arrangement amiable entre les partenaires pour l’évaluation.

Seul la moitié des adhérents ont effectué un échange seliste depuis leur adhésion, plusieurs rechignent à remplir les coupons attestant l’échange, en effet c’est la recherche de convivialité et l’envie de rendre service qui prévaut sur le désir de capitaliser des tractations.

Le Sel est également un lieu de rencontre grâce à ses nombreuses fêtes à thèmes (4 à 5 dans l’année), faire le pain, griller des châtaignes autour d’un feu de bois, promenades et musiques.

La convivialité n’empêche pas les préoccupations militantes, le journal donne des infos sur ce qui se passe dans le Tarn, mais c’est vraiment cette recherche de qualité d’échange, de lien qui représente le plus  l’esprit de notre association, bien plus que des préoccupations d’ordre économique.

 


Communication n° 17 : Constitution pour la VIème république 

par Nicole Jacquin (inspirée par les Côtes du Quercy[1] en venant à vélo à Gaillac)

Article 1 : l’Etat est le garant du Bien Commun.

Article 2 : La liberté d’entreprise privée est limitée à la sauvegarde du Bien Commun.

Article 3 : La loi protège le Bien Commun.

Article 4 : La loi est votée par le Parlement élu au suffrage universel et révocable par référendum d’initiative populaire.

Article 5 : Le référendum d’initiative populaire est l’instance du gouvernement et l’organe unique de contrôle du parlement et des institutions de la République. Il est garant de la constitution.

Discussion « de Bichat » (18 septembre 2005)

Pourquoi une constitution pour la VIème République française et pas une constitution pour l’Europe ? Oui, bien sûr, même pour le Monde en remplaçant Parlement par Assemblée mondiale des Peuples.

La concision est unanimement saluée, mais l’objection surgit qu’écrire une constitution est se placer au plan du droit. Et celui-ci serait réservé, à un pouvoir de spécialistes qui ne nous serait pas accessible. Notamment, on ne peut évacuer les fonctions régaliennes  de l’Etat.

Une intervention, apparemment d’accord, se termine par un «à bas l’Etat ! »...

Un autre souligne le pont fondamental de cette constitution qui marque la rupture avec la politique d’aujourd’hui. C’est la démocratie directe et le contrôle permanent des représentants à qui les électeurs confient une mission dont ils doivent rendre compte. L’élection n’est plus un chèque en blanc donné à celui qui fait la plus belle promesse, mais une mission confiée à l’élu révocable en cas de faillite. Le sens d’action du pouvoir se trouve ainsi inversé.

Post-scriptum (25 octobre 2005)

L’article 1 affirme que l’Etat est nécessaire au fonctionnement de la Société et lui assigne sa mission unique : garantir le Bien Commun autour duquel elle se constitue. Que veut alors dire «à bas l’Etat » ?

L’article 2 inverse la raison du pouvoir que donne une constitution, en élevant le Bien Commun comme droit constitutionnel au-dessus de la propriété privée et de sa liberté d’entreprendre. La (seule) liberté qu’on restreint ici est donc celle d’opprimer. Ce n’est donc pas «à bas l’Etat » qu’on proclame ici, mais «la vraie liberté se reconnaît à ses limites ».

L’article 3 inverse le rôle de la  loi qui ne privilégie plus la propriété privée, mais le Bien Commun.

Ces trois articles posent les principes[2] politiques suffisants au ban fonctionnement d’une société solidaire où l’égalité et la fraternité posent les limites nécessaires à toute liberté.

Les articles 4 et 5[3] définissent les institutions chargées de mettre en œuvre ces principes : le Parlement légiférant au nom et sous le contrôle du Peuple. Et le référendum d’initiative populaire comme instance de celui-ci. Les fonctions régaliennes ne sont pas évacuées, ni les acteurs de l’exécutif. Mais ce n’est pas à la constitution de les établir et leur donner le pouvoir, mais au seul pouvoir qu’elle institue, la loi produite par le dispositif de démocratie directe institué par les articles 4 et 5.

Deux mois après leur émergence autopoïétique, les 5 articles de cette constitution me semblent donc toujours suffisants pour qu’elle puisse être opérationnelle, après ajout de la Déclaration Universelle des Droits l’Homme en simple préambule.

Communication n° 18 : Société de main commune 

Par Jean Monestier

A l’heure où même Yves Cochet, dans son livre, Pétrole Apocalypse, expose que les communautés constitueront les meilleurs facteurs de survie quand la déplétion du pétrole se confirmera, j’ai tenu à exposer au colloque de Brens les grandes lignes d’une forme juridique dont Diogène, de la communauté de Gensiac, m’a fait connaître l’existence lors de l’été 2005. Il s’agit de la Société en Main Commune, sur laquelle un avocat de Toulouse, Joseph Ricol, a soutenu une thèse publiée en 1907, dont j’ai pu lire la première moitié à Gensiac, et que je vais me procurer pour l’étudier plus en détail. En voici une évocation succinte rédigée de mémoire.

Issue du droit germain, beaucoup plus structuré autour du collectif que le droit romain, qui est, lui, très individualiste, la Société en Main Commune (Gesammte hand) a connu des applications réelles au Moyen Age pour des communautés familiales rurales, ou, par exemple, des associations d’armateurs. Une variante a donné les communautés taisibles, dont certaines n’ont pas payé de droits de succession durant des siècles dans le Massif Central (cf texte reçu de Diogène et joint en annexe).

A la différence des Sociétés classiques ou de l’indivision, qui restent toujours à la merci d’un droit individuel prioritaire de reprendre son apport pour se retirer, selon le fameux principe «nul n’est tenu à l’indivision », la Société en Main Commune (SMC) échappe à cette fragilité car son patrimoine n’est pas divisible en parts tant qu’elle n’est pas dissoute. D’où son nom : une seule main, commune, tient les commandes. Chaque sociétaire est donc propriétaire de tout le patrimoine de la Société et tout acte de gestion important implique donc la volonté de tous. La dissolution, par exemple, doit donc être décidée à l’unanimité, et c’est seulement dans ce cas que la part de chacun pourra se rematérialiser concrètement au bénéfice de l’associé ou de ses héritiers.

Les conséquences juridiques de ce fonctionnement sont très intéressantes. Le collectif a une grande force et assure donc une grande sécurité à tous ses membres à travers la sienne propre. Même une majorité opportuniste ne suffit pas à le déstabiliser. On retrouve ici la philosophie des esquimaux, chez qui le partage d’un groupe entre une majorité et une minorité, c’est à dire deux sous-groupe éventuellement divergent, est considéré comme catastrophique car il ne peut qu’affaiblir un groupe qui lutte pour sa survie et qui est conscient d’avoir besoin de l’adhésion de tous ses éléments sans exception. Les décisions sont plus longues à prendre mais elles sont appliquées avec la plus grande force possible et sans perte d’énergie en dissensions internes.

Bien sûr, un gestionnaire peut être désigné pour les affaires courantes, mais c’est l’unanimité des associés et non lui-même qui décide quelles affaires sont courantes. Il ne s’agit aucunement d’un mandat en blanc comme ceux de nos élus actuels qui peuvent faire à peu près n’importe quoi des budgets publics du moment qu’ils respectent les formes. Ainsi les Chambres Régionales des Comptes n’ont aucune compétence sur l’opportunité des dépenses publiques, mais seulement sur le respect de la forme des procédures, ce qui est parfois catastrophique, puisque les citoyens, pour l’instant, n’ont eux-mêmes qu’un contrôle ponctuel très vague lors des élections.

La démocratie participative est une mise en question de ce schéma dans le domaine public. La SMC nous semble aller dans le même sens dans le domaine privé. Une de ses plus importantes caractéristiques est donc que les patrimoines individuels des associés et ceux de la Société sont totalement distincts.

Cela signifie que les créanciers d’un associé, même en cas d’accident, toujours possible, ne peut absolument pas récupérer par force son apport dans la Société pour se rembourser de leur créance, ce qui est le cas avec les structures juridiques ordinaires, indivisions, SCI, etc., mais faire saisir seulement son patrimoine individuel. Il est donc protégé lui-même par son apport dans la Société, «poire pour la soif » qui peut, selon la nature des buts de la Société, lui permettre de survivre à ses revers. Mais les autres associés le sont aussi, à travers la Société toute entière, puisqu’elle n’est pas mise en péril par les avatars d’un seul. Sauf si l’unanimité des associés le décide, il n’y a aucune obligation de lui rendre son apport pour consolider sa dette, ni donc de lui trouver en urgence un remplaçant, ce qui affaiblirait le collectif. A l’inverse, et symétriquement, la mise en péril de la SMC n’a pas d’influence sur le patrimoine personnel de l’associé, ce qui lui conserve une autonomie certaine dans le cas où il voudrait reprendre son indépendance par rapport au collectif.

En conséquence, si un associé meurt, ses droits vont à ses héritiers ou à défaut aux autres associés, mais, ne pouvant être précisément localisés ni quantifiés, ne peuvent non plus être taxés individuellement. D’où l’absence de droits de succession en la matière, puisque la main commune, en quelque sorte, est immortelle, tant que la dissolution de la Société n’a pas été décidée par l’ensemble des associés.

Le problème pratique reste que la SMC n’existe pas officiellement en droit français en 2005. En 1907, Ricol en trouve des traces en Allemagne, en Suisse, et dans les pays nordiques. Il en détecte même des évocations en France, par exemple dans le statut appliqué aux parties communes dans une copropriété, mais, sauf à décider que tout l’immeuble est en parties communes, ce qui serait une hypothèse à étudier, les avantages de protection du collectif des associés par distinction des patrimoines n’existe pas ici. Il semblerait toutefois que l’introduction de la SMC dans le droit européen soit à l’étude, peut être à la demande des Allemands.

En attendant, il faut donc bricoler avec des concepts existants en droit français, ce qui n’est pas évident, et nécessite la consultation de spécialistes compétents. Il faut d’abord éviter toutes les structures où les parts de chaque associé sont obligatoirement quantifiées, ce qui en permet la mobilisation forcée n’importe quand. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a aucune comptabilité des apports puisque ces derniers sont réindividualisés à la dissolution. Les Sociétés Commerciales ou Civiles sont peut-être à déconseiller pour cette raison. Restent les associations, mais leurs biens ne sont pas récupérables par les adhérents, les coopératives et les fondations. Peut-être faut-il étudier l’éventualité de créer une congrégation, non religieuse mais laïque ? Je persiste à soutenir que cette recherche doit être poursuivie avec des juristes à l’avantage de toutes les communautés actuellement en gestation qui cherchent à se constituer en havre de sécurité contre la tourmente qui s’annonce, et dont la liquidation des pauvres par l’arrivée des riches dans l’île de Ré n’est qu’un signe avant coureur dans le domaine économique.

En attendant, voici les références du livre dont j’ai eu en main une photocopie à Gensiac :

La copropriété en main commune – 1907 – Gesammte hand 

Thèse de doctorat présentée par Joseph Ricol, avocat à la Cour d’Appel de Toulouse. Imprimerie coopérative toulousaine.

 


Communication n° 19 : l’après-pétrole

par Paule Besse

Extraits de deux plénières aux journées d’été des Verts à Grenoble fin août 2005, avec à la tribune, le WWF, Les amis de la Terre, Greenpeace, Yves COCHET et Joël CHENAIS.

L’empreinte écologique, c’est quoi ? C’est une mesure de la pression qu’exerce l’homme sur la nature... Imaginez que vous êtes sur une île déserte : quelle devrait être la taille de votre île ( terre, lagon et mer ) pour vous permettre de façon durable et répondre à vos besoins en nourriture, chauffage, matériaux de construction, air pur, eau potable, absorption de déchets ?

En France, c’est 5,8 hectares par personne, aux USA, c’est 10 hectares par personne, au Bengladesh et au Mali, c’est 0,5 hectares. C’est – à – dire un écart de 1 à 3 mesure entre pays pauvres et pays riches.

Le pic de Hubbert, c’est quoi ? Les réserves connues de pétrole ont été constituées il y a des millions d’année. En moins de deux siècles, nous sommes près d’en avoir consommé la moitié. Le pic de Hubbert, c’est la date à la quelle la moitié de ces réserves aura été consommée. Certains experts parlent de 2001, d’autres de 2040. Probablement entre les deux.

Si on continue comme ça, on va dans le mur. Que pouvons-nous faire ?

Ø      Changer nos modes de consommation

Ø      Améliorer nos systèmes de production

Ø      Changer la législation et la fiscalité.

Voir le livre d’Yves COCHET : « PETROLE : APOCALYPSE » qui sort ces jours-ci chez Fayard.

CONCLUSION

Je lis sur le tableau au mur : « On n’a jamais fini d’apprendre... » je souhaite ajouter : ... « et d’expérimenter ».

Si on fait un classement des pays de la planète en tenant compte d’une part de l’empreinte écologique (la plus faible) et d’autre part de l’ I.D.H, indice de développement humain ( la plus élevé), quel est le pays qui arrive en tête ? Les U.S.A ! Non – La Russie ! Non – C’est Cuba, qui grâce à la chute de l’U.R.S.S en 90, n’a plus reçu de pétrole.

Conséquence : tous les paysans sont devenus des « agrobios », car plus d’engrais, plus de pesticides, plus de pétrole.

C’est aussi la conclusion hautement symbolique du dessin animé « Madagascar » « y a plus de pétrole dans le bateau », les animaux du zoo de New York pourront retrouver la nature.

 


Les ateliers

 

Atelier n° 1 : « Comment obliger l"UE, les USA et le Brésil à refonder leurs politiques agricoles sur la souveraineté alimentaire, si possible avant-Hongkong, sinon en 2006, avant la finalisation du Doha Round » ?

Débat animé par Jacques Berthelot et notes prises par Antoon de Rooij.

"Est-il possible d'obliger l’U.E, les USA et le Brésil  changer leur politique agricole dans le sens de la souveraineté alimentaire ? » Ces trois pays sont aujourd’hui les plus grands exportateurs de produits agricoles avec des conséquences sociales et écologiques désastreuses à l’intérieur de ces pays, mais aussi dans les  pays importateurs. Le Brésil  par exemple est un des exportateurs les plus importants de viande bovine et de volaille, de soja et de sucre mais c'est aussi le pays qui connaît les plus grandes inégalités sociales, qui a 4,5 millions de paysans sans terre et qui connaît une déforestation sans limites. Parmi les pays importateurs, les pays pauvres, obligés dès les années 1980 par la politique d’ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale de s’ouvrir au marché mondial, doivent accepter la destruction de leur agriculture locale par des importations de produits agricoles à prix de dumping. Ce dumping des produits agricoles  est légalisé par l’OMC, qui déclare qu'il n'y a pas de dumping tant que les exportations se font au prix du marché intérieur, même si ce prix est inférieur au coût de production,

Par exemple, depuis 2001 le prix du blé de l’UE a été aligné sur le prix mondial  à 101 € /t, ce qui a permis d’en exporter 90% en 2001/2002 sans subventions ("restitutions"), alors que le coût de production est de 160€ /t, les agriculteurs recevant 63€/t d’aides directes (sur la base des rendements de 1986-91, soit environ 57 €/t sur la base des rendements actuels). La grande tricherie depuis la création de l’OMC, est que, en se targuant d'être devenus des adeptes de libre-échange car ayant très fortement réduit les subventions explicites à l'exportation, l’U.E et les USA détournent ce principe en les ayant remplacées par des aides directes aux agriculteurs qui réduisent de la même façon le prix des exportations au-dessous de leur coût de production.

Ces tricheries, tellement évidentes et faciles à démontrer, sont malheureusement mal connues par les mouvements sociaux et les représentants officiels des pays pauvres, qui doivent négocier avec les pays dominants à l’OMC. Il y a urgence à attaquer cette situation pour qu’on puisse finalement mettre en place une autre politique agricole, basée sur la souveraineté alimentaire,  pour garantir une sécurité alimentaire aux pays pauvres. La souveraineté alimentaire nécessite une protection efficace à l’importation. Mais, pour la réaliser dans les pays pauvres sans provoquer la révolte des consommateurs urbains défavorisés  il faut penser à un plan Marshall pour 10 ans.

Ce plan se composerait de deux éléments :

- La fixation de prix rémunérateurs pour  les paysans, qui leur permettraient d’investir pour augmenter les superficies et les rendements, ce qui réduira peu à peu leur coût de production unitaire et leur permettra de supporter des baisses de prix et d’être plus compétitif au bout d’une période d’environ 10 ans.

- Le financement international dans l'intervalle d’un programme de coupons d’achat à faible prix des produits alimentaires locaux ciblés sur la population défavorisée.

Cette tricherie dans l’exportation des produits agricoles ne joue d'ailleurs que dans l’intérêt à  court terme des marchés financiers et des firmes multinationales de plus en plus concentrées, notamment de l’agrobusiness.

Les superpuissances UE, USA et le Brésil seront à long terme perdantes vu les conséquences  sociales et écologiques. En effet, en interdisant aux pays pauvres de développer leur agriculture qui emploie encore plus de la moitié des actifs, c'est tout leur développement global qui sera impossible, ce qui nuira aussi beaucoup aux possibilités de l'UE et des USA de leur exporter à moyen et long terme des services et produits industriels à haute valeur ajoutée. Au-delà des risques d'une libéralisation accrue de l'agriculture à l'issue du Doha Round, les risques sont infiniment supérieurs encore pour les 79 pays ACP (d'Afrique, Caraïbes et Pacifique) puisque l'UE entend leurs imposer des accords de libre-échange (dit Accord de partenariat économique, APE) à partir du 1er janvier 2008, sous prétexte que l'OMC n'admet plus le maintien des échanges commerciaux non réciproques qui ont caractérisé les relations entre l'UE et ces pays depuis 30 ans (dans le cadre de la Convention de Lomé). C’est pourquoi il y a urgence à mobiliser l’opinion publique européenne pour dénoncer les conséquences de destruction prévisible de la paysannerie des pays pauvres, mais aussi de l’Europe de l’Est, par la PAC actuelle.

Une nouvelle orientation des politiques agricoles sur la souveraineté alimentaire s'impose tout autant pour l'Europe. Cette politique se caractériserait notamment par :

-          Une protection efficace à l'importation garantissant que le prix d'entrée sur le marché intérieur sera supérieur au prix intérieur, devenu suffisamment rémunérateur pour que les agriculteurs produisant la moitié de la production de chaque produit tire leur revenu agricole de ce prix, sans aides directes.

-          Seuls les agriculteurs produisant l'autre moitié de la production, c'est-à-dire dont le coût de production serait supérieur au coût moyen de l'UE à 25, auraient droit à une aide complémentaire au revenu, plafonnée par actif, compte tenu de l'intérêt de maintenir des paysans nombreux compte tenu de la multifonctionnalité de l'agriculture (effets positifs sur l'emploi, l'occupation du territoire, l'environnement, la qualité et la sécurité sanitaire des produits).

-          Tous les agriculteurs, y compris ceux n'ayant pas droit aux aides directes, seront tenus de respecter des cahiers des charges d'une agriculture durable aux plans social et environnemental

-          Pour éviter la surproduction qui réduirait les prix agricoles intérieurs, tout en interdisant les exportations au-dessous du coût de production total moyen de l'UE, les productions seront plafonnées et les droits à produire seront partagées de façon équitable entre les Etats de l'UE, les régions et les agriculteurs, en évitant les spécialisations excessives et en minimisant les frais de transport.

 


Atelier n° 2 : Cosmo-énergie 

Fondements, et Mise en chantier dans une économie locale, artisanale solidaire

Proposé par Nicole Jacquin, chercheuse libre en économie cosmo-énergétique

COSMO-ENERGIE qu’est-ce encore ? Le «nerf de la guerre » est moins l’argent que ce qui le fonde, l’énergie qui fonde aussi le vivant[4]. Cosmos = univers, en ce sens, le terme cosmo-énergétique touche  au pléonasme car la physique énergétique est ne science cosmologique. Mais le mot énergie a été réduit par la « novlangue » techno-industrielle à une simple dimension de variable économique[5].

Car en niant  qu’elle n’opère que sur la flèche du temps, capitalisme et marxisme ont tous deux mystifié l’énergie. La cosmo énergétique s’oppose à ce que j’appelle volontiers la schizo-énergétique de l’économie capistalisme qui cherche à nous vendre aujourd’hui «l’ère de l’après pétrole »[6] comme un nouvel âge du capitalisme. Alors que cette ère, dans laquelle nous entrons, ne peut être qu’essentiellement postcapitaliste. Philosophiquement, la cosmo énergétique serait un art «qui augmente notre adhésion au monde et notre puissance d’être. » (Cf. l’épicurisme de Spinoza) par le sage utilisation de l’énergie physique réelle. Elle a donc vocation à devenir une science écologique où elle se trouve.

EMPOISONNER LE CAPITALISME jusque là, tout ce qui se dit, s’analyse, se tente, même en terme d’alternative, l’est d’un point de vue «intérieur » au capitalisme, avec pure conséquence que les actes qui en découlent restent dans une logique de prédation, même si on la maquille[7]. L’analyse cosmo-énergétique le regarde quant à elle de l’extérieur, et même d’assez loin ! Comme outil de «décolonisation de nos imaginaires », elle est un préalable indispensable à la «renaissance locale dissidente », qu’évoque Serge Latouche, elle-même prémisse à la fondation d’une économie mondiale enfin solidaire.

CONCRETEMENT, cela part du local. Il s’agit «simplement » de désindustrialiser nos modes de vivre. D’opposer nos « arts-isanats » mis en réseau à la « Schizofrénésie » industrielle[8]. Produire localement, c’est « dé produire ». C’est à dire commencer par économiser l’énergie, réévaluer les besoins, puis alors seulement se poser la question de la production pour la satisfaction des besoins qui resteront nécessaires. Alors il suffira, pour les satisfaire, de la seule énergie solaire, c’est à dire de la seule énergie renouvelable, seule énergie «autorisé au vivant » car c’est elle qui a produit le vivant, et que son utilisation n’augmente pas l’entropie terrestre. Alors seulement la production des biens s’opérera entièrement dans des économies locales d’artisanats en réseaux. Il s’agit d’apprendre à vivre ensemble autrement et simplement, «d’habiter notre niche en harmonie avec ses puces ».

Cette analyse a fécondé un projet de Société(s) Coopérative(s) d’intérêt Collectif (SCIC pour construire l’artisanat en réseau capable de mettre en œuvre concrètement les solutions d’économie cosmo-énergétique, notamment d’utilisation du Soleil, du vent, de la bioénergie qu’il convient de banaliser à l’ensemble de la population.Dans une démarche intégrée selon le cycle d’un diagnostic qui définit réellement les besoins à satisfaire, de prescription et réalisation des solutions, de contrôle des réalisations, de formation des usagers à la sobriété énergétique et à la maîtrise de leur installation, de suivi des résultats, et en retour d’évolution vers de nouvelles améliorations.

Cette démarche pourra se concrétiser à travers quatre métier principal composant la SCIC :Le conseil en économie énergétique, la recherche et développement de solutions techniques, la mise en œuvre des solutions divisées en plusieurs sous-métiers, et la formation.

Une ébauche de charte est proposée, à compléter et amender ici

http://www.delestage.org/projet-scic.html1#chap4 qui servira de préambule aux statuts.

L’atelier a soulevé la question de la dispersion géographique des parties prenantes à un tel projet qui est [d’économie] local[e]. Il s’agit en fait d’expérimenter un concept nouveau qui part donc du lieu où il a germé, le Finistère.Mais cela ne constitue en rien une limitation géographique. Au contraire, il ne demande qu’à essaimer dans une de mondialisation des «renaissances locales dissidentes ». L’actuel laboratoire de cosmo-énergétique est en construction permanente. Il veut devenir un lieu d’expérimentation, de démonstration, d’information et de formation. Il ne demande qu’a se multiplier en plusieurs lieux géographiques. La SCIC peut avoir plusieurs établissements. Et rien n’empêche de créer plusieurs SCIC sur ce même concept et avec une charte commune...

La question de l’égalité des salaires n’a pas été évoquée, faute de temps, dans l’atelier, mais l’a été durant les rencontres (films sur Ambiance Bois) et est fortement souhaités par la porteuse du projet (démarrage de la SCIC avec tous les salariés au SMIC).

Les questions «techniques » discutées, tant dedans qu’en dehors de l’atelier, montrent combien l’approche cosmoénergétique tranche avec les idées communément admises même par ceux qui «poétisent »dans la même direction. Ainsi de la nature non renouvelable malgré le statut d’ «énergie renouvelable » de la géothermie ; de la nature renouvelable ou non des carburants végétaux... Peut-on fabriquer des roulements à bille dans une économie d’artisanat en réseau, ou serons-nous obligés de maintenir certaines industries pour des productions qui demeureront indispensables ? La cosmoénergétique postule l’abandon total de l’économie industrielle. Mais, science en devenir, elle n’est pas encore capable d’autre chose que de postules. N’y a-t-il pas là une perspective excitante de prolongement de l’atelier ?

Enfin, j’avais également soumis ce projet de SCIC dans un atelier sur «nos modes de vivre »que j’anime au sein du REPCIP 29 (Réseau finistérien d’éducation populaire à la citoyenneté planétaire). Il doit continuer de se construire en lien avec cet atelier puisque les localisations coïncident. Je pense que la connexion entre les deux ateliers serait une occasion à la fois de rapprocher les réseaux REPCIP29 et ROCADe, et d’élargir le projet de SCIC  au territoire, disons pour l’instant, national.

La présentation du projet de SCIC et son évolution pourront être suivies à l’url :

http://www.delestage.org/projet-scic.html          site du REPCIP29 :http://repcip29.infini.fr

les travaux sur la théorie  cosmo-énergétique seront progressivement mis en ligne sur :

http://cosmoenergie.infini.fr

Nicole Jacquin 30 route de Lézébel 29500 ERGUE GABERIC. Nicole@delestage.org (02.98.59.57.34)

 


Atelier n° 4 : Paysans de l’Est européen
quel avenir pour les agriculteurs et les sociétés rurales des pays entrés et entrant dans l’Europe ? Politique agricole commune, OMC… 

Participants


          Daniel Julien

          François Lamarque

          Gilles Luquet

          Jean-Marc Luquet

          François de Ravignan (animateur)

          Bori Simoniy

          Pierre Styblinski (rapporteur)


Le Constat

L’intégration européenne, effective depuis mai 2004 pour 10 pays, ou programmée, comme pour la Roumanie et la Bulgarie, accélère les transformations des agricultures, des milieux et des sociétés rurales des pays de l’Est de l’Europe. Les aides agricoles de la Politique agricole commune, les contraintes sanitaires et environnementales… bouleversent


l’économie des familles rurales, et parfois citadines, le marché foncier et les rapports de force entre les différentes catégories de paysans.

C’est un monde, encore paysan, qui risque d’être métamorphosé dans les années à venir. L’avenir promis, et espéré par la plupart des dirigeants européens et nationaux, est celui d’une agriculture «àà l’occidentale » basée sur des unités «productives » de taille importante et une main d’œuvre réduite. Cette vision d’une agriculture «industrielle » fait l’impasse sur le rôle social, le rôle économique local, le rôle environnemental et le rôle culturel de l’agriculture, aspects que nous découvrons peu à peu en France une fois que nos campagnes ont été vidées.

 

Cette préoccupation pour l’avenir de ces sociétés rurales est pourtant passée sous silence, alors que l’extrémisme politiques renaîtra à l’Est de l’Europe, témoins de la détresse d’une partie croissante de la population, laissée pour compte d’un autre avenir radieux, celui des supermarchés et de la société de communication

projets

Aller à la rencontre de paysans des pays de l’est

Donner une voix aux paysans de l’est, rendre une image de la richesse sociale, culturelle, environnementale et paysagère des campagnes, ne plus tourner le dos à nos racines paysannes… des objectifs ambitieux, auxquels nous voulons pourtant contribuer.

Crée en mai 2002, l’association «les yeux de la terre » regroupe des photographes professionnels qui ont décidé ensemble de suivre des paysans de l’Est, mais aussi de l’ouest de l’Europe. Leurs travaux permettent de dépasser une vision des «agricultures de l’Est » qui fait abstraction de l’Homme et de son environnement.

Le but aujourd’hui est d’aller plus loin, de dépasser l’image, pour allier à la photographie vers une analyse à la fois économique, sociale et paysagère du monde rural européen. Il s’agit de suivre sur le moyen et le long terme des familles d’agriculteurs et des villages en associant photographes, sociologues, économistes et spécialistes de l’analyse paysagères.

C’est dans cette perspective qu’une équipe d’au moins trois personnes partira au printemps 2006 à la rencontre des familles d’agriculteurs polonaises, et en particulier celles suivies par les photographes de l’association «les yeux de la terre ». L’objectif est aussi de confronter les analyses « macro » portées par la Commission européenne, les universités ou les centres de recherche à la réalité de ces familles et de ces villages… Cette première initiative pourra aboutir à la publication d’un livre ou d’une série d’articles.

Organiser une rencontre des jeunes agriculteurs européens

Permettre aux jeunes agriculteurs de l’Europe de se rencontrer, c’est permettre de reconstruire une identité agricole, de contribuer à inverser une image dégradée, et souvent dégradante, des agriculteurs, particulièrement dans les pays de l’est. Il s’agit  donc de contribuer à construire un avenir paysan européen.

Rocade pourrait porter l’initiative d’un regroupement européen des jeunes agriculteurs. Le cadre pratique d’un tel regroupement reste cependant à définir.

 


Atelier n° 5 : AMAP et alternatives agricoles

« Quelle agriculture pour demain ? »

Ou comment permettre à l’agriculture biologique de vivre ? Sachant qu’il faut redéfinir cette agriculture ou du moins le terme biologique. En effet cette agriculture se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins entre l’efficacité économique et sociale et son credo d’efficacité environnementale. Pour ce faire il faut lever le tabou de l’économique et des aides publiques ; ces aides sont trop souvent synonymes de médiocrité et de déséquilibres, mais en l’état elles peuvent être aussi bien utilisées. Si le pouvoir public local par exemple, draine intelligemment cette manne financière, et qu’il faut correctement l’adéquation entre la demande du consommateur et l’offre du producteur, cela peut initier des projets locaux viables. Financement des cantines bio sur le Tarn par le Conseil-Général si les pouvoirs publics locaux, peuvent irriguer ces projets, le défi de l’Agriculture de demain est de préserver la biodiversité. Les multinationales de l’agro-alimentaire et de la semence condamnent à terme notre survie, en laissant le vivant aux mains d’espèces chlorées susceptibles d’entraîner par le dérèglement de leur programme, la totalité des espèces.

Les aides financières ou plutôt leur disparition sont la condition préalable a une nouvelle agriculture. Mais à coté, de ce fait, il faut que nous tous paysans et consommateurs nous réapprenions «le fait agricole » et les liens qui en découlant. Redonner un contenu a ce lien, qu’il soit culturel, social, et économique, tels sont les pistes vers une nouvelle agriculture. La vente directe et les A.M.A.P constituent de manières imparfaites, des réponses ont cette nouvelle donne.

L’agriculture de demain sera ce que nous voulons qu’elle soit. Sachant que dès maintenant les forces de l’argent, savent ce quelles sera et que si nous n’investissions pas dans nos actes de consommation nous serons dépossédées.

Pascal FRAYSSE      pascal.fraysse@wanadoo.fr

 


Atelier n° 6 : Ecovillage sans voiture 

Suite à la marche pour la décroissance une initiative prend forme visant une application concrète du concept de décroissance = créer un écovillage sans voitures. Le projet vise la création d’une dynamique pour une économie de proximité pour un contact des habitants de ne pas utiliser de voiture. Il devra permettre un foisonnement d’activités agricoles, artisanales, culturelle aussi que la recherche et l’innovation, il consiste à développer des infrastructures pour le vélo, la traction animale et les transports en commun afin de permettre une vie agréable sans auto.

Par toutes ses implications, vivre sans voiture à la campagne résume finalement le niveau de changement qui s’impose pour un futur durable. C’est un domaine où la plupart des expériences de retour à la terre on faillit. L’idée a présent de l’avenir avec la raréfaction du pétrole et l’impact de la voiture nui à nos sociétés.

Nous recherchons un terrain proche d’une gare. On lance l’idée d’une bourse pour réunir des personnes qui ont des informations sur des terrains et ceux qui recherchent.

La réunion a lancé l’idée de colportage de décroissance avec des transports doux autour des écolieux de façon à créer la dynamique pour une économie de proximité.

Infos : www.decroissance.org, www.decroissance.info, www.worldcarfree.net

 


Atelier n° 7 : Entre être et faire

Zone de Texte: L’objet de cet atelier est de voir les liens à consolider qui existent entre notre développement personnel et nos implications dans des structures soucieuses de l’importance de la crise qui se prépare. Nous envisageons tous  la nécessité de tirer la sonnette d’alarme, mais aussi de nous engager personnellement  ou en groupe dans des choix de vies et des pratiques qui s’opposent à toutes les formes de dévastations que nous constatons. Le seul désir que nous avons de résister à ce que nous dénonçons nous épargne-t-il, de ce seul fait,  de tomber dans les pièges ou les impasses que nous condamnons

 

 

 

 

 

 

 

 

On pourrait penser cet atelier hors-sujet, il va pourtant trouver de l’intérêt; Alors que deux y sont présentes peut-être un peu par erreur d’aiguillage…  et encore… nous sommes une douzaine, dix femmes et deux hommes.

Conscients d’un atelier difficile qui peut facilement déraper dans une subjectivité totale, nous adoptons la méthode «entretiens de Bichat », avec une certaine souplesse. Qui veut parler le peut, onze personnes s’expriment sur divers  sujets.

Après avoir évoqué l’idée que la nécessaire décroissance ne peut se passer d’une transformation réelle de chacun d’entre nous, nous dénonçons trois attitudes, négatives ou positives, qui illustrent cette nécessité :

Paradoxe d’une exclusion

La première attitude est présentée à partir d’un fait réel qui concerne le fonctionnement d’un S.E.L.. A la suite d’un manquement grave dans ce cadre, une personne est amenée à comparaître devant la justice. L’association du S.E.L. en question, lorsqu’elle apprend le fait, convoque une assemblée générale extraordinaire pour signifier son exclusion, et ce, avant la date de la comparution. Certains adhérents ont senti le souci de ce S.E.L. comme étant en premier la sauvegarde de  son image de marque. Le S.E.L. dont la destination est l’entre aide devient à son tour excluant en optant trop facilement pour l’élimination de l’un de ses membres en raison du problème qu’il soulève. Il ne veut prendre aucun risque et dans ce cas, l’outil est apparu aux yeux de quelques-uns uns plus important que la personne.

            « le trop de »…

La deuxième attitude est une forme de méfiance, qui celle là, pourrait être salutaire. Il est dénoncé ici toute la profusion d’informations. Que faisons-nous de toutes les informations que nous recevons ? Nous avons des réponses avant d’avoir eu le temps de poser des questions. Cette profusion peut devenir anxiogène. Cette auditrice reprend ce qui a été dit la veille où quelqu’un évoque le fait d’aller prendre des informations jusqu’au Japon ! Elle signale aussi que nous n’avons jamais eu autant de moyens de communication et en même temps nous allons vers de plus en  plus d’isolement ; qu’est ce qui nous pousse à aller vers du toujours plus ? Et puis, faut-il que tout soit toujours tout dit, tout fait, tout montré, quel espace nous reste-t-il ?  Les besoins réels sont bien souvent mélangés avec les biens symboliques dont il est bon de prendre la mesure, ne serait-ce- que pour mettre une juste mesure  à nos appétits. Il faut bien se poser la question de «notre trop » trop d’engagements, trop d’ordinateur, trop d’il faut et de je dois…, trop de sollicitations en tous genres…(L’expérience actuelle de ces gens qui refusent pendant quelques temps la télévision, va dans le sens que nous dénonçons)

Notre pouvoir sur les choses n’est pas si simple dans une société de profusion et il est difficile d’être le pauvre, même si nous avons par ailleurs conscience de notre richesse. L’impuissance, la pauvreté ont  aussi leur part de fécondité, c’est ce que nous avons à expérimenter.

Moi contre l’autre

Une troisième attitude positive pourrait être celle de la lucidité. Notre planète est malade, mais nous ne sommes pas nous-mêmes en bonne santé.

Nous ne sommes pas arrêtés sur la santé physique, mais sur la santé psychique, puisque nous avons conscience d’être un tout relié.

Il nous arrive de repérer des dysfonctionnements et même des échecs dans nos projets qui paraissent par ailleurs les plus passionnants, les plus justes. Pourquoi ? Nous avons évoqué les travers de la  communication défectueuse ; mais il y a plus… Parce que je pense ceci, l’autre devrait penser ceci, il devrait penser comme moi parce que je pense juste !!! Bien sûr, nous le disons de façon  plus subtile, mais le schéma reste le même. L’énergie que nous mettons à défendre nos représentations, et le pré carré de nos certitudes, c’est de l’énergie en moins pour une plus grande créativité. Il est vrai que faire tout seul c’est bien plus facile que faire ensemble…mais ce n’est pas tout à fait la même chose.

Nous avons enfin évoqué nos peurs qui fait que nous nous taisons lorsqu’il nous faudrait parler ou même l’inverse, nous sommes nombreux à relever cet handicap tout en nous rendons compte que ce ne sont pas les recettes miracles qui prévalent, mais qu’il s’agit bien d’autre chose, sans pourtant en dire plus.

Nous nous gardons de considérer nos engagements militants comme la seule voie la seule réponse aux impasses d’aujourd’hui, et affirmons qu’une action juste doit être de plus en plus portée par des gens soucieux de la servir et non qui s’en  servent exclusivement d’elle pour s’affirmer, par quête identitaire ou besoin de réparation ; …nous sommes tous menacés par ce travers Voilà l’essentiel de nos idées partagées que nous livrons avec la conscience  d’une ébauche de réflexion  qui a encore besoin de gagner en profondeur.

Atelier n° 8 : Autonomie politique 

1)     Village de Vandoncourt

700 habitants près de Montbéliard (25). Pratique la démocratie directe depuis 1971. A l’origine, 2 jeunes partis en coopération à Madagascar, où ils ont pu constater le fonctionnement très démocratique des conseils des villages. En 1969, résistance avec succès à la tentative du maire de Vandoncourt de fermer l’école du village. Pour préparer les élections municipales, en 1970 distribution de 100 questionnaires à chacune des familles du village. Egalement, première action écologique festive pour nettoyer les chemins. La nouvelle liste prend 10 conseillés municipaux sur les 11 sièges : « notre programme sera le vôtre... ». Le nouveau maire annonce qu’il ne prendra pas de décision sans que les citoyens organisés préparent les projets. Mise en place de comités des jeunes, anciens et associations (26) et de 8 commissions, qui se rencontrent régulièrement pour se concerter. Problèmes actuels de la décentralisation qui donne en fait moins de liberté ; plus le pouvoir se rapproche, plus on est coincé.

2)     Autres communes

En Ariège, le Maire de Montagagne (60 habitants), Dominique Masset s’intéresse de près à ce sujet et va y travailler. En Aude, François de Ravignan, dans l’opposition, veut faire progresser la réflexion au sein du conseil municipal.

A Gaillac(15 000 habitants), ville conservatrice, qui a basculé à gauche suite à une dissension à droite, la liste Verte et ouverte à fait 10% en 2001 sur un programme réduit (information auprès des citoyens, démocratie directe dans les quartiers, représentants des quartiers au conseil municipal). Le maire veut imposer un projet de plate-forme logistique (industrialo-chimique ?) Immense aux portes de la ville. Problème de pouvoir autocratique (monopole de l’info détenue par le maire, victimisation, dénigrement des opposants, propagande incessante, media aux ordres, chantage à l’emploi – 1000 ? ? ? –, etc.). S’ensuit contestation, création d’un journal et d’un collectif associatif de type loi 1901 de 12 associations locales à direction collégiale (5 délégués, dont 3 viticulteurs, essentiel pour éviter la guerre des chefs dont ont l’habitude les politiciens retords), pétition, manifestations, référendum, pression sur le promoteur immobilier. Au bout de 4 ans, le projet n’a toujours pas vu le jour, le maire a démissionné et est mis en examen au pénal.

Les différents niveaux de démocratie :

Echelle de plate-forme de participation à la gestion municipale.

Degré 4

Co-construction du projet

Démocra-tie directe

Degré 3

Participation

Degré 2

Consultation

Démocra-tie représentative

Degré 1

Information

Degré 0

Imposition

Perspectives

Problème de l’urbanité violente et de la ruralité désertée et dépendante. L’état s’écroule sur le plan socio-économique et politique (démocratie de façade de plus en plus autocratique. Les moyens pour contrer cette tendance :

-          La non-violence et les méthodes gandhiennes ;

-          Démocraties locales, mises en réseau ;

-          Revitalisation de l’économie locale ;

-          L’autonomie ;

-          La subsidiarité (inverse à celle de l’Europe) : la base décide si elle veut traiter un dossier ou de le transférer à l’échelle au-dessus ;

-          Contrôle par des représentants avec un mandat spécifique et limité dans le temps, compte-rendu régulier aux échelons inférieurs, représentants révocables à chaque assemblée.

 


Atelier n° 9 : Stratégies d’alliance avec les autres réseaux

Nous avons d’abord énuméré d’autres réseaux à l’intérieur desquels on pourrait essaimer les idées de décroissance, critique du développement, après-développerment, simplicité volontaire.

Le on correspond aux associations déjà acquises à ces idées et qui se sont réunie grâce au ROCADe (Solidarité gaillac, l’Ecologiste, Silence, Casseurs de pub, la ligne d’horizon).

Les autres réseaux identifiés sont :

Attac :

la décroissance a été abordée aux dernières universités d’été des Verts :

Certains (notamment du Non de gauche au référendum) ont manifesté aussi leur intérêt

GRIT  (Groupe de Recherche Inter et Trans disciplinaire) de la revue « transversale » permettrait d’entrer dans les réseaux institutionnels

Syndicats :

Important d’établir le contact avec eux malgré la difficulté

Organismes de recherche (important notamment dans les problématiques OGM)

Moyens d’action :

Sites Internet : www.decroissance.org : annuaire des particuliers/organisations qui s’intéressent de prés ou de loin à la décroissance en France et à l’étranger

www.decroissance.info : carte de France avec tous les groupes décroissance

donner une image claire du mouvement

Quel mot-clé utiliser ? décroissance, après développement, convivialité, simplicité volontaire,...

Texte fédérateur ? charte de la décroissance, manifeste pour l’après-développement qui donne l’éthique générale et les grandes orientations du mouvement

Donner des exemples concrets de politiques de décroissance qui ont réussi dans divers domaines : agriculture, transport, énergie, mode de vie en France et surtout à l’étranger

garder une certaine souplesse (éviter un «intégrisme » de la décroissance)

rapport avec l’alternative (associations problématiques comme Oxfam)

Exemple d’alliance avec d’autres réseaux : organisation débat Noël Mamère/Majid Rahnema par les Verts et la ligne d’horizon à Lyon le 17/11

Le mouvement altermondialiste qui se diversifie de plus en plus. Sur les différents continents (Afrique, Amérique du Sud, Asie, Bamako, Caracas, Pakistan) et dont l’utilité politique et technique reste à examiner. Le prochain plan social europeen aura lieu à Athènes en avril 2006 et nous devons nous poser le problème de notre participation active et critique.

synthèse des ateliers

LES PRINCIPAUX THEMES

par Pierre Styblinski

Modes de production et de commercialisation

De nombreuses interventions et débats ont porté sur les expériences de coopératives, de groupements d’approvisionnement, ou d’AMAP. Ces initiatives ont toutes en commun la recherche de modes d’approvisionnement local ou, au minimum, en lien avec les agriculteurs. En cela, elles s’opposent au mouvement de concentration de l’approvisionnement alimentaire, d’augmentation des distances de transport, et, plus globalement d’industrialisation de l’agriculture. Une illustration est l’agriculture biologique, dont la logique a rejoint celle des produits de masse, entraînant, entre-autres, une plongée des prix au producteur. Suivant le même raisonnement, plusieurs débats ont concerné les labels équitables, dont un des dangers est, pour les populations concernées, l’abandon progressif des productions vivrières.

Alternatives techniques

Les débats autour de la recherche de solutions techniques ont en revanche été relativement limités. Les quelques expériences évoquées : bois-énergie, cosmoénergétique, écomaison,  toilettes sèches… n’ont finalement soulevé que peu de questions, au profit d’une interrogation plus fondamentale sur les choix de modes de vie alternatifs.

Modes de vie

Ce constat est révélateur du positionnement majoritaire des participants vers la recherche de solutions cohérentes entre les aspects environnementaux, économiques, sociaux, et l’épanouissement personnel. Les différentes initiatives d’écovillages présentées, ainsi que le succès de la projection sur un couple de Suisses dans le Gers qui ont choisi, un mode de vie radical, sont témoins de cette tendance.

Communication

L’interrogation sur le changement de nos habitudes de vie, perçu comme étant la base indispensable d’un engagement dans un processus de «décroissance », rejoint les débats qui se sont ouverts sur les liens possibles entre le mouvement de la décroissance et le développement durable. De fait, les interrogations sur l’articulation du mouvement de la décroissance avec la société ont constitué un leitmotiv des Rencontres 2005. Au cœur des débats : la communication, ses modalités : une communication «interne », limitée au noyau des convaincus, ou une communication plus large, quitte à y perdre quelques plumes sur la sincérité et l’authenticité du message ? En témoignent les âpres débats autour de la notion de «décroissance » et sur les terminologies possibles («après-développement »…).

Ouvertures

Au-delà, les Rencontres ont été marquées par plusieurs tentatives d’ouverture. Ouverture à des problématiques plus générales, dépassant le cadre strict du mouvement de la décroissance, tel l’avenir de l’agriculture dans le contexte de la mondialisation ou un futur traité constitutionnel européen. Ouverture aux expériences étrangères avec la participation d’une déléguée hongroise, d’un représentant indien, et des projections sur des expériences sud-américaines, africaine et indienne. Force est de constater pourtant que, malgré un certain intérêt manifesté par les participants, notamment pour les expériences étrangères, l’articulation local/global, reste à construire.

APPORTS ET CARENCES

par Daniel Julien

Il m’a incombé la tâche de rédiger cette partie que l’on pourrait intituler : Des «creux » et des «bosses », essai d’analyse critique.

De manière très globale, et comparativement aux rencontres de l’an dernier à Thiviers, on peut avancer que la place du questionnement sur le social, l’humain, fut plus importante cette année, attention portée jusqu’à la constatation que l’on peut aussi broyer l’humain dans l’alternative (Exemple d’un SEL de la région lyonnaise présenté par Angeline).

Du paysannat et de nos objectifs.

La problématique des paysannats menacés dans les Pays d’Europe Centrale et Occidentale (PECO) n’a pas suscité de questionnement marqué lors de la restitution d’atelier. Au Rocade, nous militons de fait pour la souveraineté alimentaire des peuples. La destruction massive de ces paysannats des PECO se traduirait actuellement par des millions de familles qui perdent leur autonomie et leur souveraineté alimentaire, par la spoliation de leur terres.

Croissance et décroissance

Il a été remarqué que certains usages du terme «décroissance » pouvaient être contre productifs, notamment lorsqu’on le met en opposition avec celui de «croissance » et que l’action personnelle et, ou domestique, réalisée humblement, pouvait attirer l’attention et susciter une discussion au moins autant efficace qu’un long discours.

En effet, ces deux termes sont d’ordres très différents. L’un, la «croissance », est un concept et un indicateur numérique dans le cadre de la pensée économique occidentale[9]. L’autre, la «décroissance », est un mot d’ordre lancé en 1979 par Nicholas Georgescu-Roegen[10], repris par Serge Latouche dans le cadre de ses travaux et des activités de La Ligne d’Horizon, et qui par suite a donné lieu à la création du Réseau pour l’Après-Développement (RAD)[11], puis du ROCADe, qui, volontairement, n’ont pas utilisé le mot «décroissance » dans leur intitulé. Opposer un concept à un mot d’ordre pour mener un débat de fond peut mener à une certaine confusion dans les esprits, voire à une impasse intellectuelle.

Forte «bosse » ou point positif, l’écoute attentive et calme des participants témoigne du respect des différences d’analyse ou d’expérience, (ce qui n’avait pas été forcément le cas lors de certaines interventions à Thiviers). Par ailleurs, pour l’essentiel des débats, il est apparu qu’il ne s’agissait pas ici de faire de l’écologie pour l’écologie, mais d’envisager la place et les actions de l’Homme pour la durabilité de sa présence sur terre en harmonie avec les autres espèces vivantes.

De la place du politique

De Thiviers à Brens, l’attrait de la question politique s’est confirmé. Le champ du politique est-il à réinvestir ? De quelle(s) manière(s) ? Beaucoup de questions, quelques propositions et quelques exemples autour des formes possibles de démocraties (atelier autonomie politique). Toutefois, s’il est véritablement question de s’intéresser au champ du politique, nous ne pouvons pas faire l’impasse sur les fondamentaux de la terminologie politique. Par exemple, on ne peut pas (actuellement) parler de «politiques décroissantes qui ont réussi » (atelier interconnexions réseaux), et il faut caractériser clairement les différences entre démocratie directe et démocratie participative (atelier autonomie politique).

Mise en réseau : des possibilités oui, mais...

Le questionnement sur la mise en réseau a abouti à un bref inventaire des réseaux existants, des moyens d’actions (principalement identifiés par des moyens informatiques liés à Internet), puis à caractériser en quelques points les textes et les modalités de leur expression. Ce listage des possibles peut être approfondi, cependant on ne peut faire l’économie de quelques question radicale. En effet, se mettre en réseau, pourquoi pas. Mais pour faire quoi ?

Là aussi, notre imaginaire reste colonisé par la société industrielle, au point que souvent, dans notre discours, les sites Internet, supports et lieux (virtuels) d’échanges de l’information, ont été littéralement identifiés comme des moyens d’action, au point aussi de nous faire proposer un moyen avant d’avoir fixé une fin. Il semblerait qu’il y a là une confusion entre l’outil d’information, l’information, et l’action :

          La création d’un site Internet est-elle une condition nécessaire, suffisante, pour fonder des actions ?

          L’outil Internet est-il le bon pour mettre en réseau durablement des acteurs de l’après-développement ? Pour être plus précis, lorsque que l’Internet ne permettra plus de communiquer «en réseau » (soit du fait du contrôle social croissant, soit du fait de son propre effondrement lorsque nous entrerons dans cette ère de l’après-développement), aurons-nous préparé une autre manière de communiquer et de nous mettre en réseau, autrement que par le biais des machines ?

Il semblerait que la mode du «tout-en-réseau » séduise les décroissants. En effet, aujourd’hui, qui n’est pas en réseau (sur le Net de préférence), n’est pas. Rassurons-nous. Les réseaux existent depuis très longtemps. Bien avant l’ère industrielle ils œuvraient déjà et assuraient la transmission d’informations et de marchandises parfois très précieuses… pour le prince bien entendu. Mais les manants avaient le leur, le bouche à oreille, l’homme de brousse avait le tam-tam, et aujourd’hui, le petit bout de papier griffonné ou la cassette audio, donné au commerçant ambulant, au voyageur, au transporteur qui devra le confier à untel à tel endroit.

Cet enthousiasme rappelle celui de la majorité des agriculteurs bio autour des années 90 lorsque le label a été reconnu officiellement et leurs pratiques entérinées par les pouvoirs publics. Seuls quelques Cassandres voyaient d’un mauvais œil cette reconnaissance. Quinze années plus tard, le résultat est là. L’industrie s’est appropriée une part importante de la production et bien souvent sans le savoir, le consommateur achète des produits bio… industriels, presque autant polluants que les autres, en favorisant la disparition des petits producteurs, ainsi que la délocalisation des productions. De même, les énergies renouvelables dont l’efficience se retrouve le plus souvent mesurée à l’aune de critères industriels et commerciaux, alors que durant des dizaines d’années des milliers de personnes ont auto-construit leurs systèmes solaires ou éoliens, leurs maisons écologiques… Toujours le même mécanisme de récupération de la critique et des initiatives par le capitalisme[12]. Le besoin de «mettree en réseau » (sous-entendu par l’Internet puisque aujourd’hui Internet est Le Réseau) devrait être analysé à l’aune d’expériences déjà vécues, même s’il ne fait aucun doute que communiquer entre-nous est indispensable.

Quid de la critique de la société industrielle

Au titre des «creux », on peut noter la diminution importante de développements critiques à l’égard du macro-système industriel et des déchets afférents, au point de devoir annuler les ateliers concernant ces thématiques, le nombre d’inscrits étant largement insuffisant.

Ceci semble préoccupant dans la mesure où d’un point de vue méthodologique, la proposition d’alternatives devrait aller de pair et découler de la formulation d’une critique de la société industrielle. Peut-être peut-on voir ici l’effet du tourbillon altermondialiste, dont on connaît maintenant son penchant développementiste. Peut être donc ce dernier éclipse-t-il de notre conscience certaines interrogations radicales concernant les racines des phénomènes que nous jugeons inhumains et écologiquement ravageurs. Ceci risque de limiter notre horizon de conscience et d’action aux seuls phénomènes, tels que la mondialisation, le chômage… sans nous interroger de manière radicale sur les causes profondes de ces phénomènes.

Les fondamentaux du courant de la décroissance.

Enfin, peut-être faut aussi relier à cela un autre constat fait lors de la dernière plénière, à savoir que certains fondements de la notion de décroissance ne sont pas forcément partagés par tous les participants. Il s’agit notamment de l’histoire de la révolution industrielle, de la critique historique et anthropologique du développement[13], et enfin des relations établies par Nicholas Georgescu-Roegen entre certains principes de thermodynamique[14] et la pensée économique occidentale, relations expliquées dans son ouvrage de 1979 «demain, la décroissance »[15], réédité en 1995 et qui permettent de démontrer scientifiquement en quoi notre civilisation industrielle est au pied du mur, et que la solution ne se trouvera pas du coté de la technique, mais de l’humain.

LES TENDANCES

par François de Ravignan

Nous avons repéré, à travers les interventions des uns et des autres, quatre tendances principales dans l’approche des questions de l’après-développement et de la décroissance :

la tendance que j’appelle cathartique (du mot grec katharsis purification) qui consiste à mettre l’accent principal sur les changements matériels qu’on peut opérer à l’échelle individuelle, de petits groupes ou de communautés : manger bio, ne pas se servir de voiture, utiliser des toilettes sèches, etc. Cette tendance a été illustrée dans notre groupe par les communications et ateliers concernant les écovillages ou par le film sur le couple suisse établi dans le Gers.

la tendance que j’appelle micropolitique qui met l’accent sur le fait que des transformations dans l’ordre matériel ne peuvent s’enraciner que si elles sont portées par des groupes soucieux de bâtir un projet global. Exemples : le café décroissant, les AMAP, Vandancourt.

la tendance macropolitique. Elle affirme que des changements au sommet, à savoir à l’échelon des Etats et des organisations internationales, sont nécessaires pour changer la donne. La communication de Jacques Berthelot, les forums sociaux, sont de bonnes illustrations de cette tendance.

la tendance spiritualiste, illustrée par l’atelier «changement personnel ». Elle souligne l’importance des valeurs au nom desquelles on agit, la nécessité de fonder son action sur des rochers solides, des convictions essentielles, qui nourrissent l’action et permettent l’autocritique.

Nous avons parlé de tendances et non de catégories. Précisément, dès lors que ces tendances deviennent des catégories s’excluant les unes les autres, elles se stérilisent mutuellement. Les exemples ne manquent pas, telle la rubrique des écotartuffes dans le journal La Décroissance. A l’inverse, bien des exemples cités participent de l’une ou l’autre tendance, par exemple les AMAP, de la première et de la deuxième. Les jeunes Suisses que nous avons vus dans le film déclarent qu’en dépit de leur mode de vie très cathartique, ils ont le souci de n’exclure personne…

Terminons en citant ce mot de Pierre Claverie, cet homme de dialogue assassiné en Algérie en l996, et qui, faisant remarquer  qu’il faut aller au-delà de la tolérance, affirmait : j’ai besoin de la vérité de l’autre.

L’AVENIR DE ROCADe

par François de Ravignan

Une forte majorité de participants souhaite que nous nous rencontrions à nouveau l’année prochaine.  La rencontre a permis de préciser certains buts du réseau :  faire passer des informations entre nous et les diverses associations, trouver des réponses aux interrogations de tel ou tel, contribuer à créer un débat sur l’après-développement et la décroissance partout où nous le pouvons avec nos associations,  monter des «coups » avec participation de plusieurs associations (exemple : voyage à l’Est). Certains demandent qu’il soit donné plus de place aux ateliers.

 

 



[1] Je précise que «côtes du Quercy » désigne bien ici des côtes qu’on gravit en poussant sur les pédales et non un quelconque cru viticole. C’est à dire que l’inspiration n’a rien ici de bachique mais relève d’une transpiration d’endorphines.

[2] Je préfère ce terme emprunté à la science, à celui de «valeurs » hérité de l’économie et des religions.

[3] C’est à une «remise à zéro » législative que procède cette constitution qui n’en serait psa une sans cela ! Il suffit de voir l’usine à gaz constitue le TCE ou le projet de C6R, qui n’est qu’un retour à la IV° République, pour se persuader que, pas plus que l’économie capitaliste, les lois existantes ne sont réformables. Elles doivent être réinventées par de nouveaux auteurs.

[4] Cette opposition monnaie métaphysique versus énergie physique, n’est pas une simple rhétorique. Avec Lagrange et la généralisation du raisonnement mécanique, le travail est sacré véritable «monnaie mécanique » (Navier 1819, cité par Isabelle Stengers in Cosmopolitiques I p. 132, Paris La Découverte). Mesure qui ne relève en rien de la «croyance hallucinée » des économistes qui généralisent la conservation dynamique à la mise en équivalence marchande (I. Stengers op. cit. p.135).

[5] Ce qu’elle n’est pas. Ce serait même, selon moi, l’économie mathématique qui est un avatar énergétique.

[6] Selon Jean-Marie Le Chevalier, économiste référent en matière d’énergie en France Culture.

[7] C’est ce regard de l’intérieur du capitalisme qui conditionne notre imaginaire et nous donne pour tout outil qu’un marteau, nous faisant voir tous les problèmes comme des clous. Les voir pour ce qu’ils sont nous impose de sortir du capitalisme.

[8] On rejoint ici l’ « écosophie » de Félix Guattari qui articule l’écologie selon les quatre dimensions flux, machine, valeur et territoire existentiel.

[9] La « croissance » est le taux de variation du Produit Intérieur Brut d’une période par rapport à une autre.

[10] Auteur en 1979 de «demain la décroissance » (réf infra), Georgescu Roegen dénonce l’illusion de l’idéologie de l’industrialisation qu’il accuse à la fois de reposer sur une vision strictement mécaniste du monde et de refuser d’incorporer les apports de la thermodynamique de Sadi Carnot.

[11] Voir Décoloniser l’imaginaire, Ed. Parangon 2003, réed. En cours. Pour un historique explicatif des pionniers de la critique du développement, voir le N°6 Sept. Nov. 2001 de la revue l’Ecologiste, ISSN 1625-4732.

[12] A ce sujet on peut lire de Boltanski L., Chiapello E., «le nouvel esprit du capitalisme », Paris, Ed. Gallimard, 1999.

[13] Voir par exemple à ce sujet «le développement, Histoire d’une croyance occidentale », 2001, Gilbert Rist, Presses de Sciences Po.

[14] Travaux de Sadi Carnot.

[15] Ed. Pierre Marcel Favre, Lausanne ; épuisé cet ouvrage a été réédité et augmenté en 1995 sous le titre : « La décroissance, Entropie, Ecologie, Economie », aux éditions Sang de la Terre, sous l’ISBN 2-86985-077-8.