ACTES DES JOURNEES DU ROCADE 2005

BRENS

DU 17 AU 18 SEPTEMBRE

 

Liste des 19 communications sur les alternatives pratiques et politiques

1)      Jean Monestier : Chauffage collectif au bois.

2)      Caroline : Epicerie ambulante.

3)      Jacques : Les AMAP dans le Tarn.

4)      Chantal et Clothilde : La planète souffre.

5)      François : Un café décroissant.

6)      Sarah : Une coopérative d’achat.

7)      Michel : Eau vivante.

8)      Paule : Une écomaison à Montpeyroux.

9)      Jean : Décroissance.

10)  François : Colportage d’idées.

11)  Mohamed : Une ONG Europe-Maghreb.

12)  Pascal : Ecovillages.

13)  François : Colportage d’idées.

14)  Bori : Manifestation paysanne en février en Hongrie.

15)  Paulo : Recherches sur les paysages.

16)  Claude : Le SEL d’Albi.

17)  Nicole : Constitution pour la 6° république.

18)  Jean : Société de main commune.

19)   Paule : L’après-pétrole.

 

Les neufs ateliers

1/ Faire sauter Hong-kong (refonder sur la souveraineté alimentaire les échanges agricoles internationaux). Animateur : Jacques Berthelot.

2/ Cosmoénergie : Nicole Jacquin

3/ Diffuser la décroissance : Aucune production ne nous à été remise sur cet atelier.

4/ Paysans de l’Est européen : Rapporteur : Pierre Styblinski.

5/ AMAP et alternatives agricoles.

6/ Ecovillage sans voiture.

7/ Entre être et faire. Animatrice : Clothilde.

8/ Autonomie politiques. Animateur : Eberhardt.

9/ Interconnexion des réseaux.

 

Charte du Réseau pour l'Après-Développement

Réseau des Objecteurs de Croissance pour l’Après-Développement – ROCADe

            Article 1 :
            Les associations se reconnaissant dans l’esprit du manifeste (www.apres-developpement.org/portrait/manifeste.php) sur l’après-développement et se constituent en réseau.

            Article 2 :
            Sont membres du ROCADe les associations qui adhèrent à la présente charte et les personnes individuelles qui partagent les analyses critiques du développement et les objectifs de construire théoriquement et pratiquement des alternatives à la société de marché capitaliste et développementiste.
           
Article 3 :
            Les membres s’engagent à participer à l’animation du réseau : inscrire leurs pratiques dans la base de données, fournir des articles pour le journal du réseau, faire connaître autour d’eux l’existence du réseau des objecteurs de croissance pour l’après-développement, etc...
           
Article 4 :
            Les membres s’engagent à faire vivre et financer le réseau en proportion de leurs moyens. Une cotisation est définie annuellement.

 

 

Programme de la rencontre

 

Samedi 17 septembre

9h à 10h30 Plénière : « alternatives pratiques et/ou politiques », selon la méthode des entretiens de Bichat : 3minutes de présentation, 5 minutes de discussion.

10h30 à 11h : Pause

11h à 13h : reprise de la plénière précédente

13h à 15h : Repas et pause

15h à 17h : Ateliers thématiques

17h à 17h30 : pause

17h30 à 19h30 : rapports des ateliers (5 minutes par atelier et 7 minutes de discussion)

19h30 à 21h : souper et pause

En soirée : projection de films

 

Dimanche 18 septembre

9h30 à 10h30 plénière : « alternatives politiques et pratiques » (selon entretiens de Bichat)

10h30 à 13h30 : synthèse, puis débat sur l’avenir du réseau

13h30 : repas et dispersion

 


Les communications

Introduction de Jean-louis Bato : Salles mise à disposition gratuitement par le CFP de Brens et les repas sont autogérés avec des aliments produits localement et/ou bio. Il n’y a pas eu de « ténors » invités cette année et tout le monde peut intervenir et proposer des ateliers. Plénière ; samedi, ateliers pratiques et dimanche, ateliers politiques.

Tour de table de tous les présents.

 


Communication n° 1 : Chauffage collectif au bois

Par Jean Monestier, Objecteur de Croissance

Pour répondre à la demande d’exposés sur des alternatives pratiques exprimée au colloque de Brens, j’ai commenté un sujet sur une chaufferie municipale au bois réalisé par France 3 Montpellier et diffusé par cette station durant l’hiver 2005.

La municipalité de Fraisse-sur-Agout (Hérault) avait constaté, lors de l’étude d’une extension de son village de vacances, que le chauffage  électrique lui coûtait de plus en plus cher, alors qu’elle était propriétaire de 1000 hectares de forêt communale. Le projet a donc été développé, en trois ans, de construire une chaufferie municipale au bois alimentant un réseau de chaleur, avec pour partenaires l’ONF, qui fait les coupes d’éclaircissement, et l’ADEME, pour le montage financier.

Pins et épicéas constituent 20% de la forêt communale, et il semblerait que l’on ait surtout utilisé le surplus de ces bois rouges, pratiquement invendables. On peut penser que la déplétion du pétrole va changer cela dans les années qui viennent, mais ceux qui auront pris une longueur d’avance seront toujours avantagés. Le fait que la commune soit propriétaire de la forêt en question la met par ailleurs à l’abri de la hausse inévitable du prix du bois qui suivra bien sûr, puisqu’il en est un produit de substitution, celle des prix du fuel et du gaz.

La chaufferie construite, d’une puissance de 450kWh, consomme chaque saison 900 m3 de plaquettes de bois et alimente un réseau d’eau chaude qui traverse une partie du village, desservant les bâtiments municipaux, le village de vacances, et 17 abonnés privés. Le kWh est valorisé 3cts €, ce qui ramène l’abonnement de chauffe d’un particulier aux alentours de 70€ par mois environ. Le coût total, dont on ne dit pas s’il inclut la distribution de la chaleur dans les bâtiments, (c’est probable là où l’installation n’existait pas mais reste à vérifier), s’élève à 830.000 €, subventionné à 80%.

En 2005, il existe en Languedoc Roussillon 60 chaufferies semblables qui valorisent au total 23000 tonnes de ce combustible renouvelable.

Je rebondirai sur cette remarque finale pour faire quelques commentaires. Quand on sait que cent mille tonnes de bois se perdent chaque année par terre dans le seul département des Pyrénées Orientales, on se dit qu’il y a de la réserve, mais quel est le pourcentage réel de la population qui pourrait être chauffé durant l’hiver en utilisant ce moyen dans sa totalité ? De toute façon, pas 100%. Mais il faut perdre cette mauvaise habitude de vouloir appliquer une solution unique à tous les problèmes. Cela a été déjà bien répété en matière d’énergie. Il reste que l’isolation des bâtiments doit aussi être développée, car le chauffage au bois ne sera pas envisageable pour tout le monde si on ne veut pas surexploiter nos forêts.

On ne parle pas non plus de co-génération, et c’est peut-être regrettable, mais il faut noter qu’il est sans doute beaucoup plus facile pour une petite commune, rurale de surcroît, c’est à dire éloignée des grands réseaux des multinationales, de créer une régie de chaleur, que de vouloir aussi fabriquer de l’électricité. Cette électricité ne serait produite que l’hiver, mais, ne serait-ce que pour l’éclairage, on utilise davantage de courant durant l’hiver. Ce n’est donc pas un trop gros inconvénient. Par contre, dans la situation actuelle, elle ne pourrait être vendue qu’à l’EDF, qui en garde le monopole du transport. C’était sans doute beaucoup plus compliqué, et puis la co-génération elle-même a un coût, et l’amortissement en était sans doute moins évident, d’où l’abandon de cette piste. Mais elle serait à étudier pour un hameau ou un domaine appartenant globalement à une entité unique (SCI, Fondation, Société en Main Commune, etc.) car on sait que le rendement énergétique de l’installation en est accru.

Sur le plan énergétique, on pourra soulever le problème de la déperdition de la chaleur dans le réseau, mais, d’une part il n’est pas question, semble-t-il, de desservir des fermes excentrées, d’autre part, quand on parle de valoriser la chaleur de l’incinérateur de Calce (66) pour chauffer des serres agricoles par un réseau de 18km, on peut penser qu’on doit savoir construire des tuyaux assez bien isolés. Enfin quand la presse nous apprend qu’à Font-Romeu, on installe le chauffage électrique alimenté par l’industrie nucléaire dans les trottoirs, pour éviter le verglas pendant l’hiver, on se dit que Fraisse-sur-Agout, où il fait  jusqu’à moins 25 durant l’hiver, peut bien s’offrir le luxe de perdre quelques calories issues du bois-énergie dans certaines de ses rues. Il ne faut pas oublier aussi que de l’énergie est nécessaire pour entretenir le système autant que pour le construire, notamment pour couper et transporter le bois et le réduire en plaquettes. Le débat reste ouvert sur d’éventuels travaux d’intérêt collectif plus ou moins mécanisés et faisant appel peut-être à nouveau plus tard à la traction animale.

Sur le plan financier, un subventionnement à 80% me parait exceptionnel, surtout quand on pense que des particuliers en profitent directement (les 17 abonnés privés), même si ceux qui n’avaient pas le chauffage central sont amenés à le faire installer pour distribuer la chaleur. Disons quand même que c’est de l’argent public bien employé et ne boudons pas notre plaisir. Et c’est donc bien le moment de parler de ce type de projet à nos élus locaux, ou, s’ils font la sourde oreille, à commencer à investir les municipalités, comme cela fut évoqué à Brens.

Sur le plan humain, et on pourrait me reprocher de ne pas avoir commencé par cela, mais peut-être ai je gardé le meilleur pour la fin, il me semble que cette formule de chauffage recrée une solidarité, tout en générant probablement de sérieuses économies d’échelle. D’un côté, on peut se réjouir que de l’emploi local soit créé ou maintenu pour ramasser ce bois, le réduire en plaquette, alimenter la chaufferie, et entretenir l’installation, de l’autre, on peut regretter, dans une vision rurale, la convivialité que peut générer le chauffage au bois, que l’on coupe, empile, transporte chez l’un ou chez l’autre, et grâce  auquel on se réunit autour d’un bon poêle quand la bise souffle dans la nuit. Je fais depuis trois ans en banlieue de Perpignan quelques expériences de chauffage au bois, qui me fournit une partie de ma chaleur durant l’hiver. Avec les bûches classiques, c’est beaucoup de manipulations, et je me demande ce que cela donne quand on devient vraiment très vieux. Il n’est pas sûr que le passage aux plaquettes, surtout au niveau individuel, simplifie tous les problèmes, et puis on ne va pas vider les villes du jour au lendemain. Mutualiser ce travail me parait donc une excellente chose, que ce soit en payant un abonnement à la collectivité à laquelle on appartient, ou, dans une formule plus locale et plus communautaire, en fournissant à mon tour des journées de travail bien précises ou une permanence (de surveillance de l’installation) sur des périodes bien précises, me laissant ainsi libéré du problème du chauffage le reste du temps. Et ceci tant que je suis valide, de plus jeunes et de plus vigoureux me rendant quand je serai vieux le service auquel j’aurai moi-même contribué, me permettant d’envisager la consolante perspective, qui parait trop évidente sous l’oléocène  *, (ère du pétrole et nom d’un site Internet que je recommande à tous), mais qui risque de le rester beaucoup moins dans les décennies qui viennent, comme elle ne l’était guère non plus au Moyen Age, de mourir au chaud.

Jean Monestier, Objecteur de Croissance

Le Soler, le 25 octobre 2005

J’ai mentionné le site [ oleocene.org ], créé par l’ASPO, association des géologues de l’industrie pétrolière, dont la « newsletter » mensuelle apporte toujours des informations passionnantes parfois inédites. On peut aussi consulter, pour des réflexions plus synthétiques, le site [ wolfatthedoor.org.uk. ] en version française.

Critique : l’isolation a-t’elle été prévue ?

            Question : Ne serait-il pas plus efficient de gérer sans faire appel à l’industrie ?

 


Communication n° 2 : Projet d’épicerie ambulante

par Caroline Lopez

Descriptif du projet :

            Il s’agit de mettre sur pieds une épicerie qui s’engage à faciliter l’accès à un mode de vie respectueux de l’homme et de son environnement par la mise à disposition de produits locaux, biologiques et équitables, mais aussi par la mise en place, en parallèle à l’activité de vente, d’un système d’information sur la consommation et ses impacts sur l’homme et la nature.

Les produits alimentaires sont obligatoirement issus d’une agriculture biologique, les produits d’hygiène corporelle et domestique sont certifiés biodégradables, et pour le matériel, je privilégie la fabrication artisanale à la fabrication industrielle. A noter que je ne vends pas de fruits et légumes frais, je renvois, pour cela, les gens aux AMAPs, Jardins de Cocagne et autres petits producteurs sur les marchés.

Tous les produits sont, dans la mesure du possible, localement produits, cela dans un double souci de réduction des temps de transport et de promotion des richesses de la région. Les produits obligatoirement importés sont issus du Commerce équitable.

Ces mêmes produits sont servis dans une politique de l’emballage minimal : vente en vrac et pour les produits obligatoirement emballés, je privilégie le papier et le verre.

Le système d’information sur la consommation comprend :

Mise à disposition (système d’emprunt) de livres et films documentaires sur les thèmes reliés à l’activité de consommation quotidienne.

Voir la liste des films et livres sur feuille annexe.

La mise en évidence de la carte d’identité de chaque produit (origine, conception, composition, potentiel) accompagné d’un album qui retrace en photos l’histoire de la conception du produit. Le but étant de faire prendre conscience de la valeur des choses, justifier leur prix, et il est aussi de faire naître une curiosité systématique quant à la traçabilité de tous les produits en général.

La mise en accès libre d’un ensemble de fiches thématiques pédagogiques sur les plus grands termes qui tournent autour de l’activité de consommation quotidienne : Pourquoi du Commerce équitable ? Pourquoi une agriculture biologique ? Pourquoi du vrac ? Pourquoi du local ? Pourquoi une économie sociale et solidaire ? Et pourquoi l’information ?

Une brochure de recettes simples à réaliser à partir des produits vendus, parce que l’achat de produits en vrac nécessite de connaître les bases de l’art culinaire.

Filage de feuilles A4 pour monter une guirlande qui fera le tour du parasol. Sur chaque feuille Une information ou une citation courte et éloquente.

Elaboration d’un petit guide des alternatives avec une ouverture sur le réseau de proximité qui le développe.

Quels sont les objectifs poursuivis ?

« Populariser l’attitude de consommation citoyenne »

Mettre à disposition des produits qui sont une cohésion des différents principes de respects (respect de l’Homme et de la Terre). La démarche gagne en crédibilité et en lisibilité.

Donner et faire circuler des informations claires et précises sur les grands enjeux écologiques et sociaux liés à notre mode de consommation et, à partir de là, promouvoir la « consomm’ action ».

Favoriser sur la région la mise en réseau et l’Economie Sociale et Solidaire et donner accès au gens à ce réseau.

Mettre en évidence et promouvoir la diversité et la richesse de la terre et des hommes de la région. Réaffirmer un peu la relative capacité d’autonomie de ce territoire en même temps que son identité.

Faire circuler des savoir-faire perdus et donner envie aux gens de devenir toujours plus autonomes.

Dans l’intérêt des artisans, paysans producteurs et consommateurs, chercher à s’émanciper de la tutelle des intermédiaires.

Lieu de cette activité :

Sur les marchés de Toulouse et ses environs.

Sur certains festivals de la région.

Lors des journées de l’environnement et autres journées d’information organisées autour des thèmes que j’adore.

Par ailleurs, je peux aussi proposer vente et livraison à des restaurants, cafés, festivals, ainsi qu’un service de vente à domicile pour des villages un peu reculés.

Statut de cette activité :

Association loi 1901

Catalogue des produits :

Issus de l’AB locale :

Farines, lentilles, poids chiches, huiles végétales, vinaigre, moutarde, sauce soja, hydromel, jus de pomme, fruits secs, pâtes d’amandes, miels, confitures, infusions, fruits secs, sirops, herbes et épices.

Produits exotiques issus de l’AB et importés par les vois du commerce équitable :

Certaines épices, sucre, riz, quinoa, thé, café, chocolat.

Produits raffinés achetés à un grossiste :

Levure de bière, boulettes de soja déshydratées, sauce soja, gomazio, boulgour, pâte, semoule.

Ustensiles de cuisine :

Panier à vapeur, verre doseur, planche à découper, passoire à infusion, moulins.

Produits d’hygiène corporelle certifiée biodégradable :

Savon naturel, pierre d’Alun, baume pour peau.

Matériel : gant de crains, pierre ponce.

Produits d’hygiène domestique certifiés biodégradables :

Liquide vaisselle, lessive, produits pour récurer.

Matériel : paille de fer, brosse, balles de lavage.

 

Question : Quels produits ? 

Réponse : Miel, épices, céréales, thés, café, chocolat.

Défi Jeune, Soutien association Terra Via, festival Résistance à Foix, association Andines (commerce équitable slt si 60% d’agriculture vivrière). Artisans du Monde et CCFD pour aider à la traçabilité et l’influence sur l’économie locale. CL compte aller à Paris au 1er salon sur le Commerce équitable.

 

Communication n° 3 : « LES AMAP dans le Tarn »

par Jacques Deleuze

Jacques présente les AMAP dan le Tarn. Au départ, les AMAP ont été créées par des consommateurs très urbanisés du Japon. Venu en France, il y a 4-5 ans, 1ère AMAP en Provence. Le plus souvent, se sont les consommateurs, qui sont l’élément moteur, qui doivent s’engager à l’avance. Dans le Tarn, l’idée a été poussée au Forum Social Tarnais de 2003. Un an pour trouver les consommateurs : AMAP viande de veau, d’agneau. Espacement des livraisons et le transport. Il existe à ce jour 8 AMAP dans le Tarn se fournissant auprès de l’agriculture paysanne.

Question : La structure ?

Réponse : Association de fait ou loi 1901, fonctionnant sans subvention.

Question : La régulation des conflits (ex. en Ariège) ?

Réponse : Eviter que l’agriculteur s’enferme une solution unique et respect des coûts de production. L’idée de l’AMAP repose sur celle du maintien de l’agriculture, mais aussi de contrat (25 paniers ce ne sont pas 30) et de consommation citoyenne, solidaire et responsable.

Aucune production ne nous à été remise sur cette communication

 


Communication n° 4 : La planète souffre

par Chantal Lavenant et Clothilde de Ravignan

Chantal Lavenant parle de souffrance de la planète. Commencer le chantier en chacun de nous. C’est le premier des chantiers. On a tous des dysfonctionnements.

Clothilde de Ravignan expose l’expérience du café décroissant : qu’est ce qui fonde notre besoin d’être ensemble ? Pas seulement l’entre aide matérielle. On s’est rendu compte que le thème de la peur est très important. On a besoin d’être en désaccord pour faire avancer la question, mais on a peur d’être en désaccord. Cette angoisse a empêché l’homme de donner le fond de sa pensée. On a conclu : ça aussi, il faudra le travailler. Petit débat savoir si c’est réellement pratique. Le pratique n’est pas seulement « faire » mais aussi « dire ».

Question : Pratique/politique ?

Réponse : Si on ne regarde pas cela en premier lieu, c’est voué à l’échec. On a les mêmes dysfonctionnements que les autres.

Aucune production ne nous à été remise sur cette communication

 


Communication n° 5 : Un café décroissant, dans les Corbières

par François de Ravignan

            J’avais rencontré François Schneider l’année dernière à la même époque à Thiviers et lui avais laissé mon adresse.  Il m’a téléphoné au mois de mars, par un jour de neige, qu’il arrivait avec son ânesse et Sophie, journaliste à la Décroissance. Pendant les deux jours qu’ils ont passé à la maison, nous avons invité, le deuxième soir, une douzaine d’amis du village à venir discuter, sans intention préconçue. En fait, François a très peu parlé, mais il nous a fait parler de nos préoccupations, et, à la fin, il a dit : « Il y a un potentiel formidable dans ce village et vous pourriez faire davantage que vous ne faites ». Ce soir là nous avons donc pris la décision de nous réunir le deuxième vendredi de chaque mois à tour de rôle chez l’un ou l’autre du groupe pour ce que nous avons appelé le « café décroissant »  (ou « des croissants»). Depuis, ça a tenu. Nous n‘avons même pas interrompu les réunions durant l’été, même si le groupe a une géométrie un peu variable, des gens des villages voisins venant aussi, mais tous néo-ruraux ( on voudrait bien diversifier davantage, mais…).  On se retrouve à 19h30 (une difficulté pour être à l‘heure) et chacun apporte à manger et à boire. On a plusieurs fois passées des films vidéo pour amorcer la discussion (par exemple Train de vie ). Il y a en général quelqu’un qui prépare la séance. Par exemple des voisins anglais, nouveaux venus, nous ont parlé du tatchérisme en Gande-Bretagne. Nous avons eu un débat sur le référendum constitutionnel. Un topo sur le Maroc actuel et les problèmes de l’islamisme par un ancien prisonnier politique. Pour notre prochaine séance, en octobre, nous devons tous relever nos consommations annuelles de fluides : eau, gaz, électricité et carburant, pour comparer entre nous et voir ce que nous pouvons faire au point de vue économies d’énergie au niveau de la commune.  Nous devons aussi essayer de mettre en perspective les idées qui foisonnent pour en faire un programme d’année. Nous avons enfin quelques réalisations matérielles, comme un approvisionnement commun en fromages de chèvre, en pizzas, en huile d’olive. Nous avons essayé de nous engager dans une organisation de covoiturage, mais ce n’est pas encore très au point. Qu’importe, on avance. Et surtout, on se rencontre, on se parle, on reconstitue un milieu solidaire.

Question : La limitation des quantités et des effectifs ?

Réponse : L’essentiel est de reconstituer un milieu solidaire.

Question : Sur le rapport aux autochtones qui reste faible. Avons-nous une attention suffisante ?

Réponse : Cette aventure vient après 7 ans de très grandes difficultés dans le village : positions dures. Nous voulons tous recréer du lien, de la compréhension dans le village. On ne peut pas se limiter au café. Quelque chose de plus fort est posé là, mais pas forcément pris de front.

 


Communication n° 6 : Une coopérative d'achat 

par Sarah Tissot

Pour nous à Toulouse (département de Haute-Garonne), l’histoire a commencé après la rencontre avec le Réseau « Sortir du supermarché » dans le Tarn, groupe de personnes qui propose tout un tas de petites alternatives pour résister à la société de consommation et s’émanciper du système mortifère dominant. Changer de comportement face à la consommation est un acte politique, au potentiel de transformation économique et social considérable. Le groupement d’achat local est une alternative possible face aux pratiques de la grande distribution. Il en existe d’autres, comme produire sa nourriture soi même…

Pour constituer le groupe du groupement d’achat local toulousain, une rencontre a été proposée aux membres et sympathisants de l’association Bleue comme une orange (association d’éducation à l’environnement). Suite à cette première rencontre (décembre 2004), d’autres ont suivi et un petit groupe s’est constitué (environ 12 personnes).

Le groupement d’achat local de Toulouse, nommé « Mandacha », consiste à se procurer des denrées non périssables (du type farine, huile, jus de fruits, vins, légumineuses, légumes secs, céréales,…) auprès de paysans locaux (jusqu’au départements limitrophes de la Haute-Garonne), dont la méthode de culture respecte les écosystèmes. Nous choisissons en priorité les paysans de petites productions. Nous n’exigeons pas de label mais jusqu’à présent tous les paysans du groupement sont labellisés Nature et Progrès et situés dans le Tarn. D’autre part, les commandes groupées permettent de réduire les surcoûts et les pollutions induites par les emballages individuels.

Une première commande a été réalisée début mars 2005. La prochaine aura lieu à l’automne 2005. Nous prévoyons de fonctionner avec 2 commandes par an. La livraison des denrées a été différente en fonction des paysans. Certains nous ont livrés à Toulouse parce qu’ils avaient d’autres raisons de venir « à la ville », ce qui a permis de limiter les transports. Pour d’autres, des membres du groupement d’achat se sont déplacés en voiture jusqu’à la ferme en question. Les différents membres du groupe étaient très motivés pour rencontrer les paysans.

Le groupe Mandacha fonctionne en autogestion. Chaque membre s’implique dans l’organisation du groupement d’achat (contact avec les paysans, gestion des paiements, livraisons,…). Le fait d’être un petit nombre de membre permet ce fonctionnement. Par conséquent, le nombre de membre n’ira sans doute pas au-delà de 20 personnes. Si d’autres personnes souhaitent adhérer à cette démarche, nous proposons un essaimage d’autres petits groupements d’achats. Nous sommes à la disposition de toute personne ou groupe souhaitant des informations.

Le groupement d’achat local est l’occasion de rencontres conviviales entre les membres du groupe, de partager et d’échanger sur des alternatives pratiques quotidiennes, de recréer du lien entre les personnes de la ville et ceux de la campagne.

Sarah présente une expérience de groupement d’achat local.

Question : Grossiste contre épicerie ?

Réponse : Proposition récente de passer par une Biocoop.

Question : L’efficience des transports ?

Question : Le lien avec produit local ?

Réponse : On  ira pas au-delà de 20. Aller chercher les produits, c’est aussi rencontrer les producteurs sur la ferme.

Question : Sur Nature et Progrès garantit le local. Mais on réinvente une AMAP en passant un contrat avec Nature et Progrès, une association de producteurs. Peut-être aller plus loin ?.

Question : Duffetelle défend le réseau Biocoop qui se développe en ville, Région Parisienne c’est 11 Millions de gens sur 2,5% du territoire ?

Réponse : Ce n’est pas une expérience de campagne mais urbaine avec volonté d’aller vers les petits producteurs, ce qui n’est pas automatiquement le cas des Biocoop.

 


Communication n° 7 : Eau vivante 

par Michel

Michel présente une expérience d’épuration de l’eau : Membre d’eau vivante. Récupération de l’eau de pluie, puis épuration de l’eau avec système de bassins avec plantes aquatiques. En combinaison avec toilettes sèches, grosse économie d’eau. Le fécal va au compost pour l’enrichissement des sols. Les fosses septiques toutes-eaux est un non-sens biochimique. Expérience pratique chez soi depuis 1999. Eaux mélangées avec ce qui sort de la fosse septique. Bassin à Bassin à Mare eau contient beaucoup d’algues microscopiques. Les plantes aquatiques peuvent fixer les métaux lourds. La mare se peuple par elle-même de grenouilles. Les poissons sont déconseillés.

Question : La réglementation ?

Réponse : L’eau doit sortir à une DCO inférieure à 120mg/l. Avec ce système on obtient des chiffres inférieurs à 30mg/l.

Question : L’utilisation de la fosse septique pour la fabrication de méthane ?

Réponse : A mettre au point, respect des normes sur les installations. Il faut avoir beaucoup de diplomatie avec les ingénieurs de la DDE.

Aucune production ne nous à été remise à ce sujet.

 


Communication n° 8 : Une écomaison à Montpeyroux 

par Paule Besse

Après un divorce, la donation d’un terrain dans l’Hérault et avec l’accord d’un fils qui a acquis une expérience professionnelle en participant à la construction de la bergerie du Larzac – le silo, c’est lui – nous décidons de construire une maison bioclimatique. Dans la tête, les dessins de Reiser : le rocher, chauffé par le soleil, devant la maison...

Réalisée entre 1982 et 1984.Orientation plein sud, avec une serre devant, chauffe-eau solaire devant la serre, chauffage au bois avec un poêle norvégien Jotull, plantation d’arbres fruitiers, puis jardin bio avec compost en parti autoproduit, récupérateurs d’eau de pluie pour l’arrosage, garage et cellier au Nord. Témoignages de quelques personnes présentes qui ont été hébergées dans cette maison. 300 pieds de vigne arrachés.

Question : Les matériaux de construction ?

Réponse : Classique en agglo.

Question : Garage partagé en cellier et garage ?

Réponse : Insiste sur :

1) l’avancement du toit sur côté sud

2) d’ouvrir pour aérer et ne pas ouvrir pour la lumière.

Problème de savoir stocker l’énergie. Débat sur le stockage de la chaleur pour les maisons.

Question : Jacquin presque tout ceci est au cœur de son projet de SCIC ?

 


Communication n° 9 : Décroissance...

par Jean

Jean présente son intervention sur la Décroissance. Collecte de listes de gens à des réunions de François Schneider.

Question : Les échanges Internet des réponses ?

Réponse : Des actions se mettent en place. Les groupes sont sur l’Aude. Mettre en synergie la dynamique locale et les informations venues de loin.

Question : Duffetelle actions concrètes ?

Réponse : Il existe plus d’une 100aine d’actions. Les AMAP sont une réussite, même si ce n’est pas abouti.

Question : L’annuaire de la Décroissance ?

Aucune production ne nous à été remise sur cette communication.

 


Communication n° 10 : La grande marche 

par François Schneider

            Marche pour la Décroissance. François Schneider décrit son périple de 3000 km avec un âne. 50 conférences. Enquête de chemin. 2 affichages des Casseurs de Pub. Gros soutien de la population et de 5 journaux, dont Passerelle Eco, la Décroissance, Silence. Thomas fait le compte-rendu de la fin de la marche de Lyon à Magny-Court. Ils sont 100-150 à participer. Beaucoup d’échanges avec les personnes sur les marchés, dans les ateliers entre marcheurs. Ateliers tarte-à-la-crème. Des groupes décroissance sont montés et se rencontrent. Damien a créé un site décroissance.info qui dit où et quoi se fait ailleurs. Il est important que ceux qui ont Internet transmettent l’information à ceux qui ne l’ont pas. Par ailleurs un annuaire général sur décroissance.org a été mis en place sur lequel tout le monde peut s’inscrire.

Question : Y a t’il eu déjà des contacts avant ?

Réponse : Je faisais l’itinéraire et après je cherchais des contacts et j’essayais d’en voir. Créer une université très locale est plus intéressant que de faire appel à un réseau déjà constitué : 10% de la population dans un village de 800 habitants dans l’Hérault.

 

            J'ai marché pendant un an à travers la France en tant que "colporteur de la
décroissance" en parcourant 3000km environ. Une cinquantaine de conférences
sur l'effet rebond et des pistes vers la décroissance a été organisée
grâce à de nombreux soutiens le long de la route. J'étais aussi afficheur
non pas de publicités mais des œuvres du magazine casseurs de pub. J'étais
aussi "statisticien de chemin", je demandais aux populations le long du
chemin et, en principe choisies par l'ânesse Jujube (il fallait un
échantillonnage scientifique), si elle conseillait, face aux problèmes
écologiques et sociaux mondiaux, plutôt une croissance de la consommation de
biens et services en France ou plutôt une décroissance de la consommation
dans notre pays. Le résultat est éloquent : Une large majorité se dégage en
faveur de la décroissance. Il faut le faire pour le croire. De nombreuses
soirées de voisinage ont été organisées pour discuter du concept de
décroissance. Soutenu par casseurs de pub et l'IEESDS, J'étais aussi
diffuseur des journaux "la décroissance", "Silence", "l'écologiste",
"casseurs de pub" et sur la fin de "passerelle-eco". Cette marche a été un
grand succès et s'est poursuivie par une grande marche de la décroissance en
juin entre Lyon et Magny-cours démarrant à 100 et arrivant à 500. Ce fut une
grande rencontre basée sur des décisions en cercles de consensus avec une
profusion d'ateliers, et créant une bonne dynamique pour la décroissance,
pour la création notamment de groupes en France et ailleurs.
            Au niveau du bilan, cette marche a été l'occasion de tester une action sur
le terrain qui associe radicalité et mise en pratique (je ne voyageais pas
en avion) et l'ouverture totale sur tous les types de rencontres. Les
actions les plus intéressantes sont celles qui sont tournées vers le local,
invitant comme à Greiffeil des rencontres dans les villages ou les quartiers
pouvant créer des bases pour ce qui pourrait ressembler à des économies de
proximité.
            Il s'ensuit que l'expérience pourrait se prolonger de manière fructueuse:
- par le développement de colportages locaux, basés sur des conférences de
proximité, la diffusion de débats et de journaux. Ces colportages plus
régionaux seraient encore plus aptes à créer des liens indispensables
- par l'organisation de marches régionales ou de nombreuses personnes
seraient conviées à marcher à une certaine période de l'année

PS : Définition de la décroissance venue après coup
            La décroissance est une démarche personnelle et collective basée sur la
réduction de la consommation totale de matières, énergies et espaces et des
produits et services qui créent cette demande. Tant que l’argent permet
encore d’acheter et de vendre des ressources naturelles au-delà de leur
vitesse de renouvellement ainsi que les biens qui participent (directement
et indirectement) à leur dévastation, la décroissance implique une
décroissance économique.
            Addenda liés au qualificatif "soutenable"
            add1 On parle de décroissance « soutenable » pour différencier de la
décroissance « insoutenable » qui nous attend dans notre fuite en avant
actuelle.
            add2 La  décroissance « soutenable » est basée sur une démocratie
participative et son contenu n'appartient à personne.
            add3 La décroissance soutenable implique une croissance des relations
sociales désintéressées, de la convivialité, du temps pour soi et pour les
autres, de l'équité, de la santé, de la chaleur humaine, de la nature, de la
sécurité, de l'art, de la culture et ceci dans la plus grande variété...
            add4 Elle s’applique en premier lieu aux 20% favorisés de ce monde
principalement basés dans les pays industrialisés, mais concerne tout le
monde lorsqu’il s’agit de décoloniser l’imaginaire lié aux modèles
consuméristes et productivistes. Il s'agit d'une décroissance différenciée
dans les pays industrialisés de façon à tendre vers une société plus juste
dans ces pays et mondialement.
            add5 Il s’agit d’une remise en cause du présent (fait notamment d’autoroutes
et des centrales nucléaires...), pour un futur basé sur une moindre
consommation de ressources, dans lequel l’innovation a intégré la notion de
limite, plutôt que de tenter de s’en soustraire.
            add6 La décroissance soutenable, n’est pas une croissance ratée, ni une
crise, c’est une démarche frugale volontariste.
            add7 Contrairement à une crise débouchant sur une brusque décroissance la
décroissance soutenable est progressive de façon à ajuster de manière
symbiotique "vouloir d'achat", "pouvoir d'achat", niveaux de production et
réorganisation.
            add8 Le but de la décroissance soutenable est d’atteindre une société
soutenable où chaque mode de vie est unique tout en étant potentiellement
généralisable et partageable.
            add9 La décroissance soutenable n’implique pas une décroissance à tous les
niveaux : Les alternatives agricoles, énergétiques ou de transport
soutenable  (...) doivent croître, mais en créant une réduction encore plus
importante des portions agricoles, énergétiques ou de transport
non-soutenables de l’économie.
            add10 Une décroissance soutenable est basée sur une relocalisation de l’
économie mais se mesure à un niveau global. A ce titre une décroissance
locale qui implique une croissance ailleurs ou dans le futur n’est pas une
décroissance."